Cholestérol - Le taux de CHDL n'aurait pas de rôle significatif dans l'estimation des risques cardio-vasculaires

Chez les patients présentant un faible taux de cholestérol LDL (CLDL, le «mauvais» cholestérol), le taux de cholestérol HDL (CHDL, le «bon» cholestérol) ne serait pas un facteur significatif pour estimer les risques cardio-vasculaires. C'est ce que tend à démontrer un article publié le 22 juillet sur le site Internet de la revue britannique The Lancet.

L'étude est un réexamen des données du projet Jupiter (Justification for the Use of Statins in Primary Prevention), qui a suivi plus de 17 800 patients entre 2004 et 2008. Les participants ont reçu un traitement à base de rosuvastatine (réducteur du cholestérol) ou un placebo.

La nouvelle analyse des résultats s'est concentrée sur les liens entre hausse du CHDL et réduction des accidents cardio-vasculaires. Les patients ayant reçu un traitement à base de rosuvastatine ont vu leur taux de mauvais cholestérol chuter. Leur taux de bon cholestérol n'était alors plus à même de prédire l'apparition de problèmes cardiaques. Lorsque le CLDL est très bas, on peut supposer que le taux de CHDL n'est plus un indicateur efficace, résume le Dr Jacques Genest, chef du département de cardiologie au CUSM, cosignataire de l'article avec une équipe de Harvard.

Les résultats de Jupiter, d'abord publiés en 2008, visaient à étudier l'effet des statines dans la réduction des accidents cardio-vasculaires.

La rosuvastatine est commercialisée par la compagnie pharmaceutique AstraZeneca, commanditaire de l'étude. Conscient du conflit d'intérêts que présente un tel partenariat, le Dr Genest a précisé que le budget de plusieurs centaines de millions de dollars ne pouvait être soutenu par une agence publique et que «tout a été fait d'une façon honnête, équitable et rigoureuse».

Sylvie Dodin, professeure en obstétrique à l'Université Laval, est la cosignataire d'une virulente critique de Jupiter, récemment publiée dans la revue Archives of Internal Medecine. Le groupe de chercheurs remet en question l'efficacité des stamines en prévention primaire et critique les choix méthodologiques de Jupiter, notamment l'arrêt prématuré de l'étude. C'est un comité de surveillance indépendant qui nous a recommandé de mettre fin à l'étude, car les résultats étaient très probants, se défend le Dr Genest. Pour la Dre Sylvie Dodin, en revanche, «l'interruption précoce est un biais méthodologique majeur, comme le suggère une étude très récemment publiée [...] c'est comme interrompre une course de chevaux au moment où c'est votre cheval préféré qui est en tête».
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 29 juillet 2010 12 h 08

    Les statines

    Je suis de ceux qui ont pris des statines et laissez-moi vous dire ceci: c'est mauvais pour la santé à cause des effets secondaires. Je ne prends plus de ces supposés médicaments.
    Ce que je fais, par contre, c'est de nager 650 mètres par jour; ça, c'est bon pour la santé.