Des milliers de produits naturels non évalués?

Le ministère fédéral cherche ainsi à limiter les pertes économiques pour plusieurs substances naturelles que les pharmaciens menacent depuis des mois de retirer des tablettes puisqu'elles ne possèdent pas de licences de mise en marché, comme l'impose la loi depuis le 31 décembre dernier.

Cette suspension fait l'objet d'un nouveau règlement présenté dans la Gazette officielle du Canada du 8 mai dernier. Le texte est soumis à la consultation publique jusqu'au 22 juin prochain.

Dans les grandes lignes, Ottawa propose de sortir de l'illégalité, pour une période de deux ans et demi, les produits de santé naturels qui n'ont toujours pas reçu un numéro de produit naturel (NPN), mais pour lesquels une demande d'évaluation a été déposée par le fabricant. Un tel numéro est maintenant obligatoire pour affronter les consommateurs. En date du 9 juin, 9900 produits étaient dans cette situation en raison d'importants retards dans le processus d'homologation.

Ces produits sont autant des remèdes homéopathiques que des solutions à base de probiotiques, de vinaigre de cidre, d'oméga 3, d'isoflavone, de ginkgo biloba, de griffe du diable ou de radis noirs.

Le gouvernement fédéral évalue que sa «mesure instrumentaire transitoire», comme il la qualifie, va «préserver 245 millions de dollars ou plus de ventes» pour l'industrie du médicament naturel. Elle ne s'applique toutefois pas aux produits qui s'adressent à un public dit «sensible», comme les enfants ou les femmes enceintes. Qui plus est, le ministre se garde le droit de forcer le retrait du marché d'un produit qui, en cours d'évaluation, pourrait se révéler néfaste pour la santé.

Pour l'Ordre des pharmaciens du Québec, ce nouveau règlement vient finalement clarifier la situation. En janvier dernier, l'organisme avait d'ailleurs demandé à ses membres de retirer des rayons l'ensemble des produits qui ne respectaient pas à la lettre les nouveaux critères fédéraux pour la commercialisation des produits de santé naturels. L'industrie s'en était alors offusquée prétendant que l'absence de numéro d'homologation sur plusieurs produits était surtout induite par la lenteur de Santé Canada plutôt que par un quelconque risque pour la santé.

À voir en vidéo