Centres hospitaliers universitaires - Montréal aura ses deux nouveaux hôpitaux, mais ils seront moins «super» que prévu

L'Université de Montréal et l'Université McGill pourront toutes deux compter sur la construction d'un nouvel hôpital, a assuré hier le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Ce dernier prévoit d'ailleurs préciser dès la fin du mois de juin l'ampleur que prendront les deux projets de centres hospitaliers universitaires et les délais nécessaires à leur réalisation.

Peu de temps après sa nomination, le ministre Couillard avait indiqué qu'il prendrait six mois pour décider si les deux projets de construction caressés par l'Université McGill et l'Université de Montréal verraient le jour. Hier, il s'est fait un peu plus précis en promettant de définir dès la fin du mois de juin la forme que prendront ces deux projets de taille.

«On va être capable de se fixer [à la fin juin] sur un scénario avec des balises assez fermes pour dire aux deux universités: "Voici le genre de projet sur lequel on veut que vous vous enligniez"», a répondu hier le ministre, de passage dans l'ouest de Montréal pour l'inauguration officielle du centre de soins ambulatoires de l'Hôpital du Lakeshore.

Si le ministre s'est dit incapable hier de statuer sur le montant précis que son gouvernement allouera aux deux projets, il a confirmé que ces derniers seraient de moindre ampleur que celle prévue par le gouvernement précédent. Ce dernier se refuse d'ailleurs désormais de parler de «super-hôpitaux».

Il y aura «deux nouveaux hôpitaux, un pour chaque université, dont la taille sera inférieure aux tailles gigantesques qui ont été annoncées au cours des dernières années, mais qui vont permettre à ces hôpitaux de remplir leur mission universitaire, [soit] la recherche, l'enseignement et l'évaluation des technologies», a précisé Philippe Couillard.

Le ministre a assuré que les deux universités jouiront de «nouvelles constructions», mais que chacune devra conserver un hôpital de soins généraux ouvert au centre-ville. Le gouvernement précédent avait aussi prévu le maintien d'un hôpital général pour servir de soutien au nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), mais était resté vague en ce qui concerne le projet du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

«Pour de simples raisons de sécurité publique, il faut garder deux hôpitaux généraux au centre-ville», a insisté hier le ministre.

Interrogé pour savoir si les sites choisis par les deux universités, soit celui de la rue Saint-Denis, pour le CHUM, et la cour de triage Glen à Notre-Dame-de-Grâce pour le CUSM, seraient maintenus, Philippe Couillard attend d'avoir terminé sa réflexion pour se prononcer. Toutefois, il a pris la peine de souligner que le gouvernement était déjà le propriétaire actuel du site Glen. «Il y a comme un acquis là. Pour l'autre [le CHUM], ça reste à voir.»

À l'occasion de l'inauguration du premier centre de soins ambulatoires intégrés d'ampleur à voir le jour au Québec, le ministre a par ailleurs fait savoir que la construction de deux autres centres de cette nature, à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, et à l'hôpital Sacré-Coeur, allait bientôt s'amorcer. Il n'a cependant pas pu dire à quelle date ces centres seraient ouverts au public.

Fonctionnel dans deux ans

Le centre ambulatoire du Lakeshore, construit au coût de 70 millions, sera pleinement fonctionnel dans environ deux ans, quand la deuxième phase du projet de construction sera achevée, a indiqué son directeur général, Serge Carrières. Pas moins de 10 millions ont été récoltés à même des campagnes de financement publiques.

À cet égard, le ministre a d'ailleurs salué la participation des citoyens, rappelant que ce genre d'effort public était de plus en plus susceptible d'être exigé lors de la réalisation de projets d'immobilisations, compte tenu des faibles ressources financières du gouvernement.

Fort attendue, la construction de ce centre de soins ambulatoires avait démarré en 1993, mais avait été laissée en plan en 1995 dans la foulée des compressions budgétaires survenues au milieu des années 1990. Hier, le ministre Couillard est venu confirmer l'octroi d'un budget de fonctionnement de sept millions dès l'an prochain pour ce centre ambulatoire, qui permettra de doubler la capacité actuelle de l'hôpital à accueillir des patients à l'externe.