La dépression frappe 10 % des nouveaux pères

Non seulement les nouvelles mamans peuvent sombrer dans la dépression dans les mois suivant la naissance de leur enfant, mais aussi les papas, dont on se préoccupe moins, diront certains! Une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) montre que 10,4 % des nouveaux papas sont happés par la spirale dépressive dans les mois qui suivent l'arrivée de leur rejeton.

On s'est beaucoup intéressé à la dépression prénatale et postnatale que vivent près de 20 % des femmes. On a souligné les effets négatifs de cette dépression sur la dynamique familiale ainsi que sur le développement de l'enfant. Par contre, on sait peu de choses sur la prévalence du problème, et sur les facteurs de risque qui y prédisposent, chez les hommes nouvellement promus papas. Une équipe de chercheurs de l'Eastern Virginia Medical School a passé en revue 43 études sur le sujet qui incluaient au total 28 000 participants.

Cette méta-analyse a permis de constater que la période s'étendant entre le troisième et le sixième mois suivant la naissance de l'enfant est particulièrement critique pour les hommes puisque les chercheurs ont évalué que 25 papas sur 100 (25 %) ont souffert de dépression durant ces mois éprouvants. Par contre, les trois premiers mois suivant la naissance ressemblent davantage à une lune de miel pour les papas, puisqu'ils ne sont plus que 8 sur 100 (8 %) à devenir dépressifs. Globalement, la dépression post-partum est toutefois moins prévalente chez les hommes, dont environ 10 % des nouveaux papas souffrent, que chez les femmes, dont près de 20 % des nouvelles mamans sont atteintes.

La privation de sommeil, les bouleversements dans le style de vie, les nouvelles responsabilités à assumer, ainsi qu'une conjointe atteinte d'une dépression post-partum sont les principaux facteurs susceptibles d'induire les symptômes dépressifs chez les nouveaux papas.

Compte tenu de la prévalence du phénomène, les auteurs de l'étude publiée dans le JAMA recommandent d'«accorder davantage d'importance au dépistage des pères à risque, étant donné les données toujours plus nombreuses suggérant que la dépression post-partum du papa pourrait avoir de sérieux effets émotionnels, comportementaux et développementaux sur les enfants».

Étant donné la cooccurrence assez fréquente de dépressions chez la mère et chez le père, les auteurs ajoutent que «la dépression chez un des deux parents devrait pousser les médecins à porter une attention particulière à l'autre parent», qui sera alors plus vulnérable. Ils recommandent de diriger «les efforts de prévention et d'intervention vers le couple et la famille dans son ensemble plutôt que vers le seul individu dépressif».
1 commentaire
  • Chryst - Inscrit 21 mai 2010 14 h 24

    Ils prennent aussi plus de risques

    Cela peut être dû partiellement à leur plus grand orgueil.