Sensible aux maladies infectieuses? C'est peut-être génétique...

Certaines formes particulières d'un gène intervenant dans la réponse immunitaire accroissent la susceptibilité à plusieurs maladies infectieuses, ont découvert des chercheurs d'Oxford et de Singapour qui publient cette importante découverte dans le dernier numéro du New England Journal of Medicine.

On savait que des facteurs environnementaux, tels que la malnutrition et le manque d'hygiène, comptent pour beaucoup dans la susceptibilité d'un individu aux maladies infectieuses. Mais des études portant sur des jumeaux et des personnes adoptées ont montré que la génétique joue également un rôle. Des chercheurs de l'Université Oxford en Grande-Bretagne et de l'Agence pour la science, la technologie et la recherche de Singapour ont scruté le génome de 8000 habitants du Malawi, du Kenya, du Vietnam, de Hong Kong et de Gambie dans l'espoir d'y découvrir des «variantes génétiques», qui contribueraient à la susceptibilité d'un individu à la tuberculose, à la malaria et à d'autres infections graves du sang.

Ces scientifiques ont découvert qu'un gène, appelé CISH, était étroitement associé à un risque accru de souffrir de ces maladies infectieuses. Plus particulièrement, ils ont trouvé cinq différentes formes de ce gène, appelées variantes génétiques, qui augmentaient la susceptibilité à une infection de 18 % par rapport aux individus qui ne portaient pas une de ces variantes à risque. «Il s'agit d'un effet d'une ampleur substantielle pour un seul gène», a précisé un des chercheurs, le Dr Fredrik Vannberg du Wellcome Trust Centre for Human Genetics de l'Université Oxford, qui précise que le gène CISH synthétise une protéine qui intervient dans la réponse immunitaire survenant lors de maladies infectieuses.

Des études cliniques concomitantes ont également montré que les sujets en bonne santé qui portaient la variante, qui est apparue le plus souvent associée aux infections, présentaient des niveaux moindres de la protéine synthétisée par le gène CISH que les individus dotés de la variante normale. Selon les auteurs de l'étude, ces résultats suggèrent que le CISH exerce «une influence génétique significative sur la réponse immunitaire». Ils pointent vers de potentielles cibles thérapeutiques et devraient contribuer à la mise au point de meilleurs traitements et vaccins, soulignent-ils.