Les façons de faire cubaines en santé inspirent les médecins québécois

Le grand patron de la santé publique de la République de Cuba, Jorge Hadad, a vanté, hier, les mérites de la polyclinique — le coeur du système de santé cubain — devant des dizaines de médecins réunis à Boucherville à l'occasion du congrès annuel de l'Association médicale du Québec.

Les 500 polycliniques dispersées sur l'île de Cuba se sont imposées, au fil des 25 dernières années, comme la porte d'entrée du système de santé, et ce, au profit des hôpitaux. Elles accueillent aujourd'hui 80 % des patients qui nécessitent des soins d'urgence. Et les patients sont vus par un médecin en l'espace de 60 à 120 minutes, assure le directeur de santé publique cubain, Jorge Hadad. «Moins de deux heures. Vraiment?» s'interroge Le Devoir. «Oui, oui», répond-il. Il y a une polyclinique pour 30 000 habitants et un médecin de famille pour 1000 habitants, fait-il remarquer. «Pas obligé d'en faire tirer alors?» demande Le Devoir. «Non.»

Les polycliniques prodiguent des soins d'urgence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, mais transfèrent les patients nécessitant des soins spécialisés à des hôpitaux de référence.

Ces «super centres de santé», où des médecins de toutes les spécialités sont à l'oeuvre, sont appuyés par une myriade de cliniques de médecine familiale. «C'est dans le même esprit [que les centres de santé et de services sociaux (CSSS). L'objectif est] de créer une clinique multidisciplinaire avec l'ensemble des intervenants disponibles pour à la fois s'occuper des services médicaux, mais aussi de l'ensemble des soins de santé qui peuvent être dispensés», affirme le président de l'Association médicale du Québec (AMQ), Jean-François Lajoie.

L'AMQ souhaite qu'il y ait un renforcement des services de santé de première ligne au Québec. «L'expérience de Cuba est intéressante à cet effet. [Les Cubains] ont une première ligne qui est très forte. Ils ont concentré leurs efforts sur la santé maternelle, la santé des enfants pour essayer d'améliorer leur indice de santé. D'ailleurs, ils ont des indicateurs de santé extrêmement intéressants, [étant donné] les montants qu'ils investissent», a affirmé le Dr Lajoie. Par ailleurs, le virage ambulatoire doit être complété, argue-t-il.

L'Association voit aussi avec un grand intérêt la consécration du tandem formé par les médecins et les infirmières dans le système de santé cubain. «Je pense que c'est à retenir ici», souligne le Dr Lajoie.

Les participants au congrès ont échangé jeudi sur l'application de l'approche Lean Healthcare en santé. Ils poursuivront d'ailleurs, aujourd'hui, la discussion sur ce sujet avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.
4 commentaires
  • Franfeluche - Abonné 24 avril 2010 08 h 36

    Question

    Quel salaire reçoivent les médecins cubains ?

  • André Doré - Inscrit 24 avril 2010 09 h 14

    Salaire dites-vous?

    J'ai connu un médecin qui est venu de Cuba et qui s'est qualifié pour pratiquer ici. J'en connais 3 en fait, mais un plus particulièrement que j'ai accompagné dans sa LONGUE démarche pour être reconnu ici. Son salaire à Cuba était entre 25-50$ par mois...!!!
    Les employés à pourboire dans les stations touristiques gagnent plus que les médecins, les ingénieurs et autres professionnels. C'est pourquoi vous verrez souvent des gens très éduqués qui vous servent lorsque vous allez en vacances là-bas.
    Autre chose... les médecins cubains sont très compétents et des gens d'ici vont se faire soigner là-bas.
    J'ai un ami québécois qui, malgré qu'il doive être dialysé trois fois par semaine, se rend parfois à Cuba, près de la Havane. On le dialyse à l'Institut de néphrologie de la Havane.

    http://holacuba.site.voila.fr/sante.html

    Le taux de mortalité infantile est passé sous la barre des 7 pour mille en 2002, niveau le plus bas d’Amérique Latine, comparable à celui des pays les plus développés.
    L'espérance de vie à la naissance 75/80 ans (moyenne 77 ans selon OMS... 78 ans aux USA et 79 ans au Canada).
    Alphabétisme : 97 % de la population sait lire et écrire.

    Le Québec en aurait beaucoup à apprendre de Cuba du côté santé et du côté éducation. Ne pas oublier que Cuba "prête" des médecins à d'autres pays comme le Vénézuela par exemple... Peut-être pourrait-il nous en prêter?

  • Renaud Blais - Inscrit 24 avril 2010 09 h 57

    Et ça dans un pays communistes

    Et si le fait de ne pas prioriser le seul profit consistant à concentrer de plus en plus de richesses dans de moins en moins de poches y était pour quelque chose ?
    Renaud Blais
    Québec

  • Pierre Simard - Inscrit 24 avril 2010 12 h 21

    La population prise en otage

    Au Québec, le Collège des médecins prend la population en otage afin de s'assurer de gros salaire! Étrnagement, les médecins d'ici ne comparent jamais leur salaire avec celui des médecins Européens.