Santé alimentaire - Pourquoi certains aînés vieillissent-ils en bonne santé?

Émilie Corriveau Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une pomme par jour garde le médecin au loin, dit l'adage. Si bon nombre d'études appuient le dicton et soutiennent les bienfaits d'une alimentation saine, l'ampleur de son incidence sur le bien-être reste à approfondir. Afin de mieux comprendre les rapports entre nutrition et santé, des chercheurs de l'Université McGill se sont penchés sur les habitudes alimentaires de centaines d'aînés québécois et d'Inuits canadiens.

Selon Katherine Gray-Donald, professeure à l'École de diététique et de nutrition humaine de l'Université McGill et l'une des instigatrices de l'Étude longitudinale québécoise de recherche sur le vieillissement NuAge, les liens entre l'alimentation, la qualité de vie et la santé sont sans aucun doute ténus, mais ils méritent encore d'être étudiés et approfondis.

Menée auprès de 1793 personnes âgées de 68 à 82 ans, l'enquête NuAge est la première étude longitudinale exhaustive au Canada qui s'est intéressée à l'impact des habitudes alimentaires sur le vieillissement. Pendant quatre ans, une fois par année, l'équipe de recherche a fait passer toute une batterie de tests à ces gens qui ne connaissaient pas de gros problèmes de santé. Ils ont été questionnés sur leurs habitudes alimentaires et sur leurs problèmes médicaux, en plus de se soumettre à des examens permettant de mesurer leurs aptitudes physiques. Ils ont aussi communiqué fréquemment par téléphone avec l'équipe de recherche, qui a pris soin de noter tout changement de vie significatif.

«L'idée de cette démarche, c'était de réussir à identifier des facteurs nutritionnels qui affectent le déclin des personnes âgées, soutien Mme Gray-Donald. On l'a fait dans l'optique de garder les gens en forme le plus longtemps possible. Notre objectif est vraiment de diminuer les problèmes de fragilité, d'incapacité ou d'institutionnalisation des personnes âgées.»

Saine vitamine D

Au cours de cette étude, les chercheurs ont fait plusieurs découvertes intéressantes. Notamment, ils ont constaté que le taux de vitamine D était généralement assez élevé chez les aînés en bonne santé, surtout s'ils prenaient un supplément, et que le nutriment n'avait pas une influence aussi déterminante qu'on aurait pu le croire sur le maintien de la fonctionnalité.

«Lorsqu'on s'intéresse aux gens malades en établissement par exemple, on note souvent des niveaux de vitamine D très bas. Dans ces cas-là, la vitamine D peut influencer la fonctionnalité. Par exemple, les personnes âgées peuvent tomber plus souvent à cause de ce manque. Mais, auprès de la population générale, on ne voit pas des carences aussi graves. On ne peut donc pas dire que plus de vitamine D va nécessairement prévenir le déclin», précise la chercheure.

L'équipe de recherche a aussi obtenu d'intéressants résultats sur le rôle des protéines et de l'activité physique dans le maintien d'un poids santé. «On voit très bien que manger plus de protéines protège contre la perte de poids, qui est souvent très importante chez les personnes âgées. Mais ça va de pair avec l'activité physique. Les gens qui sont actifs ont plus d'appétit et, parce qu'ils mangent plus, ils mangent souvent une plus grande quantité de protéines. S'ils perdent moins de masse maigre, ce n'est pas une question de calories, c'est beaucoup une question de nutriments», souligne Mme Gray-Donald.

Selon la chercheure, les résultats de cette étude pourraient être déterminants pour les aînés. Ils permettraient non seulement d'identifier certaines causes responsables de la fragilité des personnes vieillissantes, mais aussi d'élaborer des stratégies permettant d'ajuster l'alimentation des aînés de façon plus adéquate.

«À ce jour, bon nombre de recherches en nutrition ont tenté de montrer des façons de prévenir des maladies par la nutrition, que ce soient le cancer, l'Alzheimer ou le diabète. Cette étude est beaucoup plus concentrée sur le vieillissement en bonne santé. À 75 ans, ce n'est peut-être pas le temps de prévenir les maladies, mais plutôt de prendre soin de soi!»

Chez les Inuits canadiens

Du côté du Centre d'études sur la nutrition et l'environnement des peuples autochtones de l'Université McGill, dans une même optique de compréhension des liens entre le régime alimentaire et le bien-être, l'équipe de la chercheure Grace Egeland étudie les habitudes alimentaires des communautés inuites canadiennes et leur incidence sur la santé.

L'enquête, intitulée Qanuippitali? ou «Comment allons-nous?», a été menée à bord de l'Amundsen, un navire de la Garde côtière transformé en laboratoire flottant. Des adultes de 36 communautés et des enfants de 16 communautés du Nunavut, du Nunatsiavut et de la région d'Inuvialuit ont accepté de participer à l'étude. Il s'agit de l'enquête sur la santé la plus exhaustive jamais menée au Canada.

«Les Inuits vivent présentement une transition nutritionnelle, où le mode de vie est plutôt occidentalisé. On tend à voir un changement vers la consommation d'aliments de supermarché et parfois pauvres en nutriments», explique Catherine Huet, diététiste nutritionniste et assistante de recherche pour la Dre Egeland.

Bien que les résultats de ces recherches soient encore préliminaires, à ce jour, les enquêtes ont démontré que l'insécurité alimentaire est très élevée chez les enfants inuits. Environ 70 % d'entre eux habiteraient dans une maisonnée où la disponibilité et l'accès à la nourriture sont difficiles. À titre comparatif, en 2004, lors d'une enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 5,2 % des maisonnées où résidaient des enfants avaient affirmé connaître une insécurité alimentaire.

L'enquête a aussi démontré que beaucoup d'enfants inuits d'âge préscolaire souffrent d'obésité. Selon les résultats obtenus, 50,8 % d'entre eux peuvent être qualifiés d'obèses, la majorité étant des garçons (57,1 %).

Déjà, les recherches ont débouché sur des initiatives visant à transformer les habitudes de vie des communautés inuites. «Nous prévoyons réaliser une étude similaire dans cinq ans afin de dresser le portrait le plus précis possible de la population, confie Mme Huet. Ce que nous souhaitons, c'est de pouvoir nous baser sur les résultats obtenus pour développer, dans les prochaines années, des politiques concrètes et des interventions sur le terrain.»

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Pour plus de détails sur les recherches en nutrition de l'Université McGill: www.mcgill.ca.

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Collaboratrice du Devoir
1 commentaire
  • Maurice Monette - Inscrit 24 avril 2010 16 h 46

    C'est bien beau tout ça mais...

    ...chaque personne est un véhicule charnel(le) ou corps physique qui sert d'habitacle à son esprit ou âme et selon ses comportements dans sa vie sociale, en communion avec les autres, celui ou celle-ci subit les conséquences de ses actes et des ses pensées, qui doivent être toujours orientés(es) vers l'Amour Fraternel de ses Proches et moins proches. Ainsi, quand quelqu'un(e) ne respecte pas les Grandes Lois de la Vie Incarnée et agit en causant des impairs autour de lui ou elle, une conséquence néfaste pour lui / elle en découle.


    Alors, c'est bien beau d'idéalement s'assurer de la bonne nutrition de notre corps physique mais, si une personne déroge intentionnellement du Code de Lois Célestes qui nous a été légué pour que nous puissions bien cheminer dans nos passages incarnés(es), celui ou celle-ci crée des brèches dans son aura ou l'écran protecteur invisible qui est "irradié" par la glande pituitaire du cerveau. Sur les icones religieuses, c'est ce qui est représenté par une auréole au dessus de la tête de personnes considérés(es) comme saints(es).

    Cette aura protectrice dégagée par le cerveau, est un écan de protection qui englobe le corps physique et filtre l'air qui atteint celui-ci. D'ailleurs, l'exemple contemporain le plus éclairant de cet effet protecteur c'est, "Mère Thérèsa" qui oeuvrait parmi les pestiférés(es) et qui a quand même réussi à vivre très longtemps sans être atteinte de quoi ce soit. Il y a eu aussi le "Cardinal Léger" qui a vécu le même genre de vocation. Donc, plus près de nous, ça explique pourquoi certains(es) passent au travers de multiples Épreuves, que ce soit physique et / ou psychologique/intellectuelle et / ou spirituelle, sans en subir de conséquence néfaste. Même que, c'est plutôt le contraire qui se produit et ces Gens sont gratifiés(es) de plusieures autres façons. Plus une personne vit d'élans de compassion pour ses Proches et moins proches, les aident à transcender leurs épreuves (gratuitement car, oeuvrer pour les autres en le faisant pour un salaire, ça ôte tout aspect de compassion aux actes et la récompense ne peut qu'être matérielle donc, sans Bienfait Protecteur), plus Celui ou Celle-ci en sera tôt ou tard gratifier de mille et une façon.

    Pour en revenir aux arguments de cet Article, au lieu de faire une simple recherche uniquement sur l'état physique, qu'on fassent une recherche sur la salubrité de la vie de ces aînés(es). Qu'on mettent en évidence que, les Gens ayant eue une vie saine, sans avoir de conflit grave avec les autres qui avaient pu entraver leur Cheminement et qui ont su répandre leur Amour Fraternel aux gens qui les entouraient, ces aînés(es) ont réussis(es) à vivre bien plus longtemps que la moyenne.

    Alors, l'étude sur laquelle est fondé cet Article est très incomplète !