Le Neuro - «Le Québec devrait être fier de posséder l'un des meilleurs centres de recherche au monde!»

Claude Lafleur Collaboration spéciale
 Le Dr Edward Fon, neurologue et directeur du programme de Parkinson à l’Université McGill
Photo: Institut et hôpital neurologiques de Montréal Le Dr Edward Fon, neurologue et directeur du programme de Parkinson à l’Université McGill

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Rue University, au nord de l'avenue des Pins, se trouve un joyau méconnu: l'Institut et Hôpital neurologiques de Montréal, surnommé le Neuro. Il s'agit d'un centre de recherche de renommée internationale consacré aux maladies du système nerveux. Ce qui distingue le Neuro, c'est qu'on y trouve à la fois des spécialistes qui font de la recherche fondamentale et des équipes multidisciplinaires qui traitent des patients. On y réalise ainsi certains des plus importants travaux sur des maladies telles que l'Alzheimer et le Parkinson.

«Le Neuro représente un endroit où des spécialistes en recherche fondamentale comme moi sont exposés à des patients, ce qui influence véritablement notre travail, estime Édith Hamel, directrice du Laboratoire de recherches cérébrovasculaires du Neuro. Je pense que mon travail n'aurait pas évolué de la même façon si j'avais été ailleurs; la proximité des patients m'est très importante.»

«Le Neuro est l'un des endroits où la recherche et les soins aux patients sont les mieux intégrés, renchérit Edward Fon, neurologue et directeur du programme de Parkinson à l'Université McGill. Par exemple, il y a des jours où je vois des patients en matinée, alors qu'en après-midi je descends dans mon laboratoire pour travailler sur mes projets de recherche. Je me sens alors inspiré par les patients pour poursuivre mes travaux.»

Professeurs et postdoctoraux par centaines

Fondé en 1934 par le Dr Wilder Penfield, célèbre neurochirurgien d'origine américaine, le Neuro est devenu l'un des plus importants centres de neurosciences au monde. Son corps enseignant compte 91 professeurs rattachés à l'Université McGill ainsi que plus de 250 boursiers postdoctoraux, médecins résidents et étudiants diplômés.

«Le Neuro est probablement le plus grand institut au monde à se consacrer uniquement aux neurosciences, à la neurologie et à la neurochirurgie», déclare le Dr David Colman, directeur de l'Institut et Hôpital neurologiques de Montréal.

Cet éminent chercheur américain se spécialise dans l'étude des blessures à la moelle épinière et à la régénération des cellules nerveuses. «Je suis venu de New York il y a sept ans parce que, pour moi, la possibilité de diriger un établissement aussi prestigieux était quelque chose que je ne pouvais laisser passer. Vous savez, le Québec a toutes les raisons d'être fier de compter sur un tel établissement.»

Depuis plus de sept décennies, les chercheurs et cliniciens du Neuro ont été des pionniers dans le traitement chirurgical de l'épilepsie ainsi que dans la détection et le traitement des tumeurs au cerveau. À présent, ils s'attaquent à diverses dégénérescences neurologiques, dont l'Alzheimer et le Parkinson.

À la source du mal

Ainsi, l'équipe que dirige Édith Hamel étudie la maladie d'Alzheimer. «Nous disposons de souris transgéniques dans lesquelles nous avons implanté le gène humain de l'Alzheimer et sur lesquelles nous testons des traitements», dit-elle.

Cette spécialiste observe que, dans la majorité des cas, cette dégénérescence vient du vieillissement combiné au fait que les personnes atteintes souffrent souvent d'hypertension, de diabète ou d'hypercholestérolémie. «Ce genre de maladie vient de ce qu'on est plus sédentaire, qu'on fait moins d'exercice et qu'on mange mal, souligne Mme Hamel. Par conséquent, nous testons chez nos souris atteintes d'Alzheimer l'efficacité de médicaments utilisés dans le traitement de ce trio.»

Son équipe semble même être arrivée à un constat particulièrement intéressant: pour combattre efficacement l'Alzheimer, il convient de s'y prendre très tôt, bien avant que n'apparaissent les premiers symptômes de la maladie.

L'Alzheimer pourrait en fait provenir d'un manque d'oxygène et de glucose au cerveau, explique la chercheure, un manque qui s'amorce des années avant que ne se manifeste la perte de mémoire. «Si on traitait quelqu'un au tout début de la maladie, dès l'âge de 65 ou 70 ans, on obtiendrait des résultats très prometteurs, dit-elle. Voilà qui nous donne beaucoup d'espoir, ce qui n'était pas le cas il y a deux ans à peine.»

Pour sa part, en tant que directeur du programme de Parkinson, le Dr Edward Fon tente de comprendre la fonction de gènes liés à cette maladie.

Le Parkinson est dû à la dégénérescence des neurones dopaminergiques, dit-il. «Il s'agit d'un petit groupe de neurones qui, dans le cerveau, sont importants pour la motricité, d'où la lenteur des mouvements, les raideurs et le tremblement qu'on associe à la maladie. Pour l'heure, presque tous les traitements que nous utilisons tentent de suppléer au déficit de dopamine.»

Toutefois, on ne comprend pas pourquoi ces neurones dégénèrent, poursuit le Dr Fon. «Et, ce qui est encore plus surprenant, dit-il, c'est que, des cinq gènes que nous avons trouvés, aucun n'est exclusivement lié à la dopamine. Cela nous amène à penser que le problème n'est peut-être pas tant un manque de dopamine qu'un mécanisme beaucoup plus général. L'absence de dopamine pourrait n'être que la conséquence d'autres choses, et non pas la maladie en tant que telle. C'est là un changement fondamental!»

En conséquence, la dégénérescence des neurones serait probablement beaucoup plus étendue que seulement celle liée à la dopamine. «La maladie commence peut-être dans d'autres parties du cerveau, des régions où il n'y aurait pas autant de symptômes. Voilà qui ouvre de toutes nouvelles perspectives.»

Un engagement québécois

Non seulement de telles recherches figurent-elles parmi les plus novatrices au monde, mais elles font de l'Institut neurologique de Montréal un joyau dont nous devrions nous enorgueillir, estime le directeur Colman.

«Pour poursuivre notre progression, nous aurions besoin d'un engagement à long terme de la part des gouvernements, dit-il. Aux États-Unis, les gouvernements soutiennent des projets de recherche scientifique sur de longues périodes, ce qu'on ne fait pas ici. Le Québec devrait s'engager à soutenir le Neuro et, surtout, être fier de posséder l'un des meilleurs centres de recherche au monde!»

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • Nathalie.Goulet - Inscrite 29 juillet 2010 01 h 02

    Rejet et retrait de mon neurostimulateur!

    Merci à l'Hôpital Neurologique de Montréal pour m'avoir implanter un neurostimulateur! J'ai vu une psychologue à la demande du médecin, puis j'ai fais une thérapie de groupe sur la gestion de douleur, tel que demandé, et ensuite j'ai été sélectionné pour l'implant du neurostimulateur. On m'a implanté pour les raisons suivante: je souffrais trop, et ce, depuis trop d'années, ma douleur était à un endroit précis, j'étais encore très jeune et je n'avais pas de qualité de vie à cause de ma santé qui se détériorait de plus en plus. Donc, le 7 et le 9 juillet 2008, dans le but de diminuer mes douleurs chroniques et neurologiques, ainsi que l'instabilité à ma cheville (entorses à répétitions et douleurs se situent entre 7 à 10 sur 10 sur l'échelle de douleur, en tout temps. Bref: les problèmes à ma cheville droite ce sont manifesté suite à un accident de travail subi en 1992. J'ai eu le pied écrasé par une plate-forme hydraulique de 1000 livres. Merci! à l'Hôpital Neurologique de Montréal d'avoir retiré de mon corps le neurostimulateur qui avant le rejet me soulagait entre 40% et 80% sauf la nuit.... Parcontre, en rejet j'étais en douleur à du 100 sur 10 puisque on m'a laissé souffrir 10 mois de temps. Et là, on vient de m'annoncer que j'ai des complications post-opératoires suite à ce rejet! C'est incroyable cette histoire là! Je l'ai véçu et j'ai vraiment de la misère à réaliser que je suis toujours sur terre!!!! Nathalie