Collaborations en recherche - Pour une seule recherche, huit hôpitaux s'engagent!

Rémi Quirion, vice-doyen de la Faculté de médecine et conseiller principal de l’Université McGill
Photo: McGill Rémi Quirion, vice-doyen de la Faculté de médecine et conseiller principal de l’Université McGill

De nombreuses collaborations en recherche associent l'Université McGill et d'autres établissements, au Québec ou ailleurs, sur différentes maladies, dont le cancer et l'Alzheimer.

«Si on veut faire des avancées importantes du côté des maladies humaines chroniques, il faut le faire en partenariat, affirme Rémi Quirion, vice-doyen de la Faculté de médecine (sciences et initiatives stratégiques) et conseiller principal de l'Université McGill (recherche en sciences de la santé). Il faut vraiment mettre nos ressources en commun si on veut espérer faire des percées importantes. Des découvertes un peu isolées dans le fond d'un laboratoire, ça arrive encore, mais c'est quand même plus improbable qu'il y a quelques années.»

Les exemples de collaboration en recherche sont légion. Le Dr Gerald Batist, professeur et titulaire de la Chaire Minda-de-Gunzburg au Département d'oncologie de l'Université McGill et directeur du Centre du cancer Segal à l'Hôpital général juif, est par exemple le principal instigateur d'un projet de recherche qui sera effectué par une équipe de 34 chercheurs issus de huit hôpitaux universitaires du Québec. Le projet vise à «identifier et valider des biomarqueurs de résistance thérapeutique dans le cancer colorectal métastatique». Il a obtenu l'automne dernier une subvention de 1,5 million de dollars du Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ. Les chercheurs souhaiteraient à terme être capables de déterminer si un patient est susceptible de répondre à un traitement ou s'il risque d'y être résistant. La volonté ultime serait de pouvoir offrir des traitements personnalisés aux patients.

Dans le cadre du Q-CROC

Ce projet de recherche sera mené dans le cadre du Q-CROC (Consortium de recherche en oncologie clinique du Québec), codirigé par le Dr Batist et le Dr Luc Bélanger, directeur du centre de recherche en cancérologie de l'Université Laval, fondateur du Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie et directeur de l'axe cancer au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Québec. Le Q-CROC indique avoir rassemblé une centaine d'experts issus d'hôpitaux ou de centres de recherche affiliés aux quatre universités québécoises ayant une faculté de médecine. Il avait obtenu en mai 2009 un financement de la société Pfizer, en partenariat avec le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ).

Toujours dans le domaine de la recherche sur le cancer, Andrea Benedetti, actuellement professeure adjointe aux Départements de médecine et d'épidémiologie, biostatistique et santé au travail de l'Université McGill, a mené une étude en collaboration avec Marie-Élise Parent, professeure à l'INRS-Institut Armand-Frappier, et Jack Siemiatycki, professeur à l'Université de Montréal. Selon l'étude, publiée en 2009 dans la revue Cancer Detection and Prevention, les grands consommateurs de bière et de spiritueux seraient beaucoup plus susceptibles de développer certaines formes de cancer, notamment les cancers de l'oesophage, du côlon et du poumon, que la population en général. Mme Benedetti était chercheuse postdoctorale à l'INRS-Institut Armand-Frappier au moment de la réalisation de cette étude.

Alzheimer et autres maladies

La recherche sur la maladie d'Alzheimer est un autre des domaines qui donnent lieu à des collaborations en recherche. Rémi Quirion est directeur exécutif de la Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d'Alzheimer, en plus d'être professeur au Département de psychiatrie de l'Université McGill et directeur scientifique du Centre de recherche de l'Institut Douglas. «Dans le domaine de la maladie d'Alzheimer, il y a un grand programme de recherche soutenu par le Québec, le Canada et la France pour des équipes qui sont localisées à différents endroits en France et au Canada pour étudier divers aspects de la maladie», indique M. Quirion.

«Et, déjà, il y a eu des découvertes, des nouveaux gènes qui pourraient prédisposer au développement de la maladie d'Al-zheimer. Et ça, c'est un partenariat entre des équipes en France et des équipes au Québec, des équipes à McGill.»

D'autres collaborations se mettent aussi en place. «Il y a des réseaux qui se développent sur l'étude de la maladie d'Al-zheimer. Ça inclut 68 centres différents à travers les États-Unis et cinq centres au Canada, dont l'Université McGill, pour mettre leurs ressources en commun, que ce soit pour faire de l'imagerie cérébrale de cerveaux Alzheimer, que ce soit pour des marqueurs [...], que ce soit pour des démarches thérapeutiques», mentionne M. Quirion.

Le vice-doyen de la Faculté de médecine (sciences et initiatives stratégiques) de l'Université McGill indique qu'il reste encore beaucoup de concurrence et que c'est la nature de la recherche scientifique. «Mais, en même temps, on comprend qu'on doit partager nos connaissances si on veut être capable d'en arriver à défaire ces maladies-là aux cours des prochaines années.»

Des chercheurs de l'Université McGill et de ses hôpitaux affiliés effectuent des recherches, en collaboration avec des collègues d'autres établissements du Québec ou d'ailleurs, sur plusieurs autres maladies, dont la dépression, la schizophrénie, les maladies infectieuses et les maladies orphelines et négligées.

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Collaboratrice du Devoir