Une Danoise vit deux grossesses après une greffe d'ovaires

Stinne Holm Bergholdt, une Danoise chez qui un cancer des os avait été diagnostiqué à l'âge de 27 ans, est la première femme à avoir donné naissance à deux reprises après une transplantation d'ovaire, a révélé la revue britannique Human Reproduction hier.

Selon cette publication, les médecins avaient prélevé sur la jeune femme un ovaire afin de le préserver pendant la chimiothérapie pour le lui réimplanter à l'issue du traitement. Six ans plus tard, Mme Bergholdt a eu deux filles.

Huit enfants sont nés dans le monde de mères ayant subi une transplantation d'ovaires, mais à ce jour, Mme Bergholdt est la seule à être tombée enceinte plus d'une fois après une telle intervention.

Au Québec, le Centre de reproduction McGill offre aux femmes atteintes de cancer, notamment, la possibilité de congeler leurs ovaires avant le début de la chimiothérapie. Aucun enfant n'est encore né à la suite de ces procédures ici. Mais le Dr Hananel Holzer privilégie la congélation d'ovules seulement, voire d'embryons, car la transplantation de tissus ovariens peut réintroduire le cancer chez une patiente guérie. Selon lui, la maturation en laboratoire d'ovules immatures est la voie la plus prometteuse.

Grande surprise

La veille du début de sa chimiothérapie, les médecins ont prélevé 13 lamelles de tissu sur l'ovaire droit de Mme Bergholdt et les ont congelées. Après huit mois de traitement contre le cancer et une année de convalescence, ils lui ont réimplanté environ 20 % d'un ovaire entier.

Quelques mois plus tard, l'ovaire de Stinne Holm Bergholdt a recommencé à fonctionner. Elle a alors eu recours à une fécondation in vitro (FIV) qui lui a permis de donner naissance à sa première fille, Aviaja, aujourd'hui âgée de trois ans.

Lorsqu'elle et son mari ont désiré avoir un second enfant, les médecins ont constaté qu'elle était déjà enceinte. Il y a environ un an, elle a ainsi donné le jour à sa seconde fille, Lucca.

«Nous avons été très surpris qu'elle l'ait fait seule», a commenté le Dr Claus Yding Andersen, l'un de ses médecins à l'hôpital universitaire de Copenhague. «Nous ne nous attendions pas à ce que le transplant ovarien fonctionne encore après quatre ans», a-t-il ajouté.

Le cas de Mme Bergholdt montre «que nous pouvons arrêter le temps en congelant les ovaires», note le Dr Andersen. Si la technique a pour le moment été principalement utilisée sur des personnes atteintes d'un cancer, elle pourrait être davantage répandue une fois la technologie affinée, explique-t-il.

Depuis la mise au point de la technique de greffe en 1999, sept autres enfants sont nés chez des femmes en ayant bénéficié.

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Avec l'Associated Press