Insalubrité dans un complexe immobilier de Saint-Léonard - La santé publique s'en mêle

Malgré plus de 600 constats d'infraction remis au propriétaire du Domaine Renaissance, les coquerelles et punaises de lit continuent de proliférer dans ce complexe immobilier de Saint-Léonard. La Direction de la santé publique a décidé de joindre ses efforts à ceux de la Ville de Montréal pour tenter de régler les problèmes d'insalubrité de ces immeubles.

Situé à l'intersection des boulevards Viau et Robert, le Domaine Renaissance compte 336 logements répartis dans 21 immeubles qu'habitent de nombreuses familles d'immigrants. En 2008, la Ville de Montréal a dépêché une équipe d'inspecteurs afin de passer au peigne fin tous les immeubles. Ils en ont vu de toutes les couleurs: coquerelles, punaises de lit, moisissures, mécanismes de verrouillage de portes brisés, toilettes dans un état pitoyable font partie des nombreux problèmes observés.

Depuis, 603 constats d'infraction totalisant des amendes de 500 000 $ ont été remis au propriétaire, une compagnie à numéro (3088843 Nova Scotia Company) détenue par des intérêts américains. La firme d'avocats qui la représente à Montréal n'a pas voulu commenter le dossier.

Lors d'une rencontre de presse hier, Céline Topp, directrice du Service de la mise en valeur du territoire à la Ville, a indiqué que, dans le passé, le propriétaire avait consenti à effectuer certains travaux, mais que depuis quelques mois «la bonne volonté n'y est plus». Le dossier fera l'objet d'une audition en cour le 23 mars prochain.

Si la situation au Domaine Renaissance est préoccupante, elle est moins dramatique qu'aux immeubles de Place L'Acadie et Henri-Bourassa, a toutefois précisé Mme Topp.

Alertée, la Direction de la santé publique de Montréal-centre mènera une enquête médico-environnementale afin de déterminer si les problèmes d'insalubrité menacent la santé des locataires et s'il est opportun de reloger les résidents en attendant que les problèmes soient corrigés. Rappelons que les coquerelles et les moisissures peuvent entraîner des problèmes respiratoires, alors que les punaises de lit provoquent des problèmes de peau et des démangeaisons importantes.

La Ville de Montréal pourrait décider d'effectuer elle-même les travaux requis pour ensuite refiler la facture au propriétaire si celui-ci refuse d'obtempérer. Pour l'instant, la Ville n'envisage pas de se porter acquéreur de l'immeuble.