Santé - Les maladies cardiovasculaire, coûteront cher en vie et en dollars

Omettre de financer la Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire coûtera au bas mot 76 milliards au gouvernement fédéral, avertit la Fondation des maladies du coeur du Canada, s'appuyant sur une étude du Conference Board du Canada rendue publique hier. Dévoilée il y a un an en présence de la ministre canadienne de la Santé, Leona Aglukkaq, cette stratégie ne jouit toujours pas d'une enveloppe permettant sa mise en place.

Ottawa pourrait épargner 76 milliards de dollars d'ici 2020 si les Canadiens fumaient moins, mangeaient davantage de fruits et de légumes et se mettaient à l'exercice, par exemple.

Non seulement ces objectifs semblent difficiles à atteindre, mais «nous marchons dans la direction opposée», déplore Stephen Samis, directeur des politiques de santé de la Fondation des maladies du coeur du Canada. Le dernier «bulletin de santé» publié par la fondation annonce en effet une «tempête» de facteurs de risque plutôt qu'une accalmie. Obésité, hypertension et diabète gagnent rapidement du terrain, laissant présager des coûts sociaux supérieurs à ceux annoncés hier.


Prévenir un décès sur quatre

Élaborée par plusieurs groupes, dont la Fondation des maladies du coeur, la Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire qui a été dévoilée vise à prévenir un décès sur quatre dus aux maladies cardiovasculaires d'ici 2020 et à réduire du tiers la prévalence de l'hypertension.

Les maladies cardiovasculaires tuant plus de Canadiens que toutes les autres, Stephen Samis s'appuie sur les calculs dévoilés hier pour demander «au gouvernement fédéral de commencer à financer» l'initiative, à l'image de la stratégie canadienne de lutte contre le cancer. Il fonde beaucoup d'espoir dans le budget du 4 mars prochain. «Plusieurs provinces consacrent presque la moitié de leur budget à la santé. Nous n'aurons plus d'argent pour les autres secteurs. Il faut agir, explique-t-il. On parle d'argent, mais surtout on parle de sauver des vies. On pourrait en sauver 3000 par an juste en éliminant les gras trans!»

«Les coûts les plus importants sont ceux associés aux décès prématurés, alors que 15 ans de revenus ne se réaliseront pas», explique Louis Thériault, directeur prévisions et analyses au Conference Board.

À titre de comparaison, le gouvernement fédéral a investi 260 millions de dollars sur cinq ans en 2006 pour la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer, la deuxième cause de mortalité au pays.