Hôpitaux - Les offres de PPP sont trop coûteuses

Québec — Trop chers, les PPP en santé. Aucune des offres en partenariat public-privé (PPP) reçues pour le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et pour le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) n'est acceptable. Le gouvernement Charest a adopté deux décrets, hier, pour exiger des consortiums qu'ils réduisent la note de quelques centaines de millions.

Accompagnée du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, a indiqué que les consortiums ont maintenant 60 jours «pour se rapprocher le plus possible du budget prévu».

Il est donc acquis que les budgets pour l'érection du CUSM et du CRCHUM seront une fois encore défoncés. Selon les évaluations qui ont circulé cet automne, des dépassements de 300 millions touchent le projet du CUSM, dont les coûts devaient s'élever à 1,13 milliard, alors que pour le CRCHUM le budget de 320 millions se gonflerait de près de 10 millions. Les quatre consortiums — le Groupe immobilier santé McGill et le Partenariat CUSM pour le CUSM et le Consortium Axor-Dalkia et Accès Recherche CHUM pour le CRCHUM — n'ont pu faire mieux.

Les économies exigées n'affecteront pas la qualité technique des projets, a assuré Yves Bolduc. Malgré ce délai supplémentaire de deux mois, la construction débutera ce printemps comme prévu, a soutenu Mme Gagnon-Tremblay. Déjà, en raison des problèmes de financement qu'éprouvent les consortiums, le gouvernement a dû modifier les appels d'offres et s'engager à verser d'entrée de jeu 45 % de la valeur des projets au lieu de répartir sur 35 ans l'ensemble des débours.

Pour l'opposition officielle, le gouvernement tourne en rond avec les PPP. «Par orgueil politique, le gouvernement Charest enfonce les Québécois dans une aventure ridicule en maintenant la formule des PPP», estime le député de Marie-Victorin et porte-parole en matière de santé, Bernard Drainville.
1 commentaire
  • Maurice Monette - Inscrit 14 janvier 2010 16 h 23

    Retour vers le Futur...!

    Après avoir essayé cette formule qui, au départ, était vouée à l'échec parce que les buts de l'un sont diamétralement opposés à ceux de l'autre, comment ne pas réaliser qu'il faut faire un Retour aux anciennes Normes qui servaient à rendre les services publiques accessibles à la majorité dont elle était en droit de s'attendre, compte tenu de sa position de bénéficiaire...?

    En efet, l'État est là pour subvenir aux besoins primaires de la population alors que, le secteur Privé est là pour vendre des services et faire le plus de profits possibles. Donc, personnellement, je n'ai jamais compris comment l'État pouvait se vanter de faire des économies en utilisant les services Privés qui, soit disant, offre plus de rapidité d'exécution, à des coûts relativement semblables sinon moindres mais..., qu'il faut souvent recommencer après peu de temps. Ce qui a rarement été mentionné et qui commande tout de même de plus gros déboursés. L'État a dû être le "bailleur de fonds" de ce Privé qui offre plus de services complémentaires, pour justifier les coûts élevés que doit rembourser ce même Privé, à même ses budgets santé.

    Alors, où est l'économie...?

    Le même scénario se répète dans tout les domaines où il y a partenariat Public-Privé. Prenons les réseaux routiers pour autre exemple. L'entretien des routes provinciales a été cédé en grande partie au secteur privé et là aussi, il y a un contre-sens évident. Avant, cet entretien était confié la majeur partie du temps à des fonctionnaires ou parfois à des contractant mais, ceus-ci étaient responsables des travaux exécutés . Les fonctionnaires affectés(es) à ces tâches subissaient les moqueries de plusieurs(es), parce qu'ils / elles prenaient leur temps sur le terrain, pour fignoler leurs travaux. Mais, au moins, ça ne faisait pas des viaducs qui s'écroulent et on n'avaient pas à reprendre les travaux d'asphaltage à chaque année.

    Et combien d'exemple pourraient être donner ainsi... La Machine Gouvernementale a subie une cure d'amaigrissement depuis la fin des années 90, au profit du Privé, pour soit-disant économiser mais, avec les coûts soient-disants moindres demandés par le Secteur Privé, s'il faut recommencer ces mêmes travaux plus souvent, à cause du peu de pérennité de ceux-ci, où est l'économie...?

    En résumé, il s'agirait de faire un Retour vers le Futur ou, en d'autres mots, faire un Retour aux anciennes méthodes où c'était le Gouvernement qui était le Maître d'Oeuvres des Travaux Publics qui sont directement utilisés par leurs Commettants(es). Ces travaux pouvaient être attribués par soumission mais, la qualité devait être à la hauteur des exigences demandées sinon, s'en était fini de ce contractant.

    Ce serait un "pensez y bien !"