OGM toxiques: les plantes sont sécuritaires, selon Monsanto

Les signes de toxicité trouvés par une équipe de chercheurs européens dans trois organismes génétiquement modifiés (OGM) en circulation partout sur la planète, Monsanto n'y croit pas. Pire, la multinationale prétend une nouvelle fois que les plantes montrées du doigt «sont toujours sécuritaires» et que cela n'affectera en rien son plan de commercialisation.

«Il n'y a rien de nouveau pour nous, a indiqué au Devoir Trish Jordan, porte-parole de la succursale canadienne de Monsanto. Ces données ne sont pas nouvelles et ne remettent aucunement en question la sécurité» de ces trois transgènes.

Au début du moins, une étude du Comité de recherche et d'information indépendant sur le génie génétique (CRIIGEN) en France a mis en doute l'innocuité de trois maïs génétiquement modifiés de l'entreprise américaine: le MON 810, le MON 863 et le NK 603, des plantes «améliorées» pour produire leur propre pesticide ou pour résister au pesticide Roundup. Elles entrent principalement dans l'alimentation du bétail, au Canada du moins.

L'équipe de scientifiques estime que ces trois OGM ne sont pas sains et surtout pas assez sécuritaires «pour être commercialisés», a indiqué plus tôt cette semaine Gilles-Éric Séralini, coauteur de la recherche et expert du Groupe d'évaluation des biotechnologies de l'Union européenne. Plusieurs effets délétères ont été en effet trouvés sur le foie et les reins des rats nourris avec ces nouvelles formes de maïs.

Le coeur, les glandes surrénales, les cellules sanguines et la rate des cobayes ont également mis en lumière des signes de toxicité, peut-on lire dans l'étude publiée dans la dernière livraison de l'International Journal of Biological Sciences, qui appelle à poursuivre les analyses sur la toxicité de ces plantes.

Notons que cette étude est le fruit d'un recadrage méthodologique de données toxicologiques produites par Monsanto et fournies dans les dernières années aux autorités sanitaires de Suède, du Danemark et de l'Allemagne pour démontrer l'innocuité de ces transgènes, en vue d'obtenir l'autorisation de les commercialiser. Ces chiffres ont été rendus publics dans la foulée de démarches juridiques amorcées par des groupes environnementaux, dont Greenpeace. Le CRIIGEN prétend depuis toujours que la méthodologie utilisée par la multinationale a été faussée pour masquer une réalité toxicologique.

«Nous connaissons le GRIIGEN et les motivations de M. Séralini [un fervent opposant aux OGM, prétend depuis des années Monsanto], a laissé tomber Mme Jordan. Cette étude n'a donc pas de valeur pour nous.»

Le MON 810 a obtenu le droit d'être commercialisé au Canada en 1997. Le MON 863 (2001) et le NK 603 (2003) ont été introduit par la suite, avec l'aval de Santé Canada qui, malgré les nombreuses remises en question de la sécurité de ces transgènes, n'a pas l'intention de revoir sa position sur ces trois produits.

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