Cancer du sein - Tests erronés: 39 femmes ont reçu le mauvais traitement

La révision des tests de pathologie n’a pas révélé un taux anormalement élevé d’erreur.
Photo: Agence France-Presse (photo) La révision des tests de pathologie n’a pas révélé un taux anormalement élevé d’erreur.

Québec — En raison de «variations» dans les tests, 39 femmes atteintes du cancer du sein ont reçu les traitements qui ne convenaient pas à leur maladie entre avril 2008 et mai 2009. C'est ce qu'a révélé une vaste opération de réévaluation de 2856 tests de pathologie du cancer du sein confiée cet été par le ministère de la Santé à un laboratoire de Seattle, aux États-Unis.

Parmi les femmes dont les tests ont été révisés, cinq sont mortes, mais le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a nié hier qu'on puisse établir avec certitude une relation de cause à effet entre les tests, les traitements prescrits et ces décès. La réévaluation des tests aura coûté 800 000 $ et a déterminé que les faux négatifs sont de 0,5 % pour le HR (qui conduit au traitement par le médicament Herceptin), de 0,6 % pour le progestérone (PR) et de 6,2 % pour l'oestrogène (ER). Trente-sept patientes se sont vu prescrire des traitements d'hormonothérapie et deux, des traitements d'Herceptin.

La décision de faire réviser les tests avait été prise après qu'une étude du pathologiste Louis Gaboury, de Montréal, eut conclu qu'il existait des «variations», bref, des erreurs, de 15 à 20 % sur les marqueurs pour l'hormonothérapie et de 30 % sur ceux du médicament Herceptin. L'affaire avait créé «une tempête médiatique» importante, a illustré André Robidoux, chirurgien oncologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et président du comité d'experts qui a conseillé le ministre Bolduc depuis juin.

Une patiente a déposé, au nom des femmes touchées, une demande de recours collectif en Cour supérieure. Selon elle, Québec a été négligent. Le ministre Bolduc n'a pas exclu la possibilité que d'autres femmes poursuivent le ministère: «Les gens ont le droit de poursuivre», a-t-il dit. Quant au docteur Gaboury, il n'a pas rappelé Le Devoir ni répondu au courriel par lequel on lui demandait de commenter la réévaluation des tests. Le cabinet du ministre a fait savoir que M. Gaboury avait reçu les résultats.

Avec ceux-ci en main, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a conclu que le Québec a un réseau de pathologie de «classe mondiale» et sans doute un des «meilleurs au monde». Selon lui, la médecine «est un art» et non «de la mathématique», et aucun laboratoire ne pourrait garantir des résultats parfaits. Les technologies utilisées ont leurs limites, a-t-il plaidé, et il y a place à l'interprétation des résultats par des humains. Il a insisté sur le fait que les «variations» révélées par le laboratoire américain sont moins élevées que les 20 % qu'une étude à l'étranger a déjà révélés. Quant au caractère prétendument désuet des laboratoires de pathologie québécois, il a soutenu avoir commencé à «réinvestir» pour remédier à la situation.

Par ailleurs, le ministre Bolduc a soutenu que toutes les familles des femmes dont les tests se sont révélés erronés vont être contactées par le ministère. Radio-Canada avait révélé mardi soir une directive du ministère en vertu de laquelle les familles des patientes décédées au cours des derniers mois n'auraient jamais obtenu les résultats des tests repris. Le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaëtan Barrette, avait qualifié l'attitude du ministère de «tentative de camouflage».

Notons que, contrairement à ce que certains ont soutenu jusque sur le parquet de l'Assemblée nationale, ce ne sont pas les diagnostics du cancer du sein qui ont été remis en question, mais bien les tests de pathologie, lesquels permettent de choisir un traitement.
2 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 17 décembre 2009 07 h 22

    Un autre beau cas d'hystérie collective

    800,000 piasses pour rien! Sans parler de l'angoisse créée inutilement chez ces 3000 femmes qui se battent contre le cancer.

    Un autre beau cas d'hystérie collective comme le réchauffement de la planète, la grippe H1N1, la grippe aviaire, la vache folle, le sida hétérosexuel, l'amiante, Rabaska et j'en passe.

    A partir d'un problème bien mineur au début, un petit groupe s'agite. Avec la complicité médiatique, la machine s'emballe. Et là ça monte, ca monte, ca monte.

    Un p'tit gars de 13 ans meurt en Ontario. C'est la chose qu'on attendait pour créer la PANIQUE. On passe la nuit, sous la pluie et le froid pour fair vacciner son enfant. HYSTÉRIE COLLECTIVE.

    On note une fonte de quelques glaciers dans l'Artique. C'est la panique. Des médecins de santé publique jugent que Rabaska pouraient être dangereux pour la santé. C'est la panique. Chaque fois qu'un événément vient confirmer une peur, la peur est décuplée.

  • Claude Kamps - Inscrit 17 décembre 2009 09 h 30

    Avec un ministre comme celui là, on est vraiment pas confiant...

    Décider pour la révision des tests de dépistage de prendre un ratio de 10% au lieu du 1% qui est la règle est pour moi criminelle et montre bien la duplicité de ce gouvernement.
    En fait dans ma tête au lieu de 39 cas il y en a 390...

    Une catastrophe médicale suivi d'un mensonge basé sur des fausses prémisses...