Québec est accusé de donner d'une main et de reprendre de l'autre

Le 2 octobre dernier, la ministre Thériault annonçait la bonification de l'aide maximale dédiée aux personnes vulnérables de 10 $ à 11 $, soit «un investissement de 3,5 millions de dollars». L'annonce avait été accueillie favorablement par les EESAD, qui réclamaient pourtant bien plus, soit 15 millions. «La ministre nous avait présenté le tout comme une première étape», a expliqué hier Marie-Claude Gasse, porte-parole pour la Coalition des entreprises d'économie sociale en aide domestique.

Or les EESAD ont depuis appris que les 3,5 millions annoncés par la ministre devront être puisés à même les budgets du Programme d'exonération financière pour les services d'aide domestique (PEFSAD) à partir du 31 mars prochain. «Il faut donc comprendre que ce sont les clients ou les entreprises qui vont payer pour l'annonce du gouvernement», a déploré hier Mme Gasse.

S'il est vrai que le ministère n'a pas les moyens de maintenir sa subvention au-delà de mars 2010 en raison de la déprime économique actuelle, «il n'a jamais été question de retirer cette subvention aux plus vulnérables pour autant», a répliqué hier l'attaché de presse de Mme Thériault, Harold Fortin.

Après avoir évalué toutes les options, la ministre a choisi de sacrifier un volet critiqué du programme pour réaffecter ces fonds à la réduction de l'exonération récemment accordée aux quelque 76 000 usagers. La raison est simple, «cette exonération n'a jamais été indexée contrairement à l'aide aux entreprises qui a triplé depuis 2004», a expliqué M. Fortin.

Mais avec 3,5 millions de moins dans leurs coffres, la plupart des entreprises estiment qu'elles devront procéder à une hausse tarifaire pour survivre. Ce qui aura un impact direct sur la clientèle, croit Hélène St-Laurent, porte-parole de l'Aile rurale. «Les aînés les plus démunis n'auront d'autre choix que de réduire, voire abandonner les services faute de pouvoir se les payer.»

C'est aussi ce que pense la députée de Crémazie et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'aînés, Lisette Lapointe. «[La ministre] devra vivre avec l'odieux du fait que certains aînés et d'autres clientèles vulnérables, toujours plus nombreux, vont encore devoir faire le choix de se priver de ces services pourtant essentiels pour demeurer le plus longtemps possible à la maison.»

À voir en vidéo