Cancer du sein: 39 québécoises ont reçu un mauvais traitement

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le ministre de la Santé, Yves Bolduc

Une quarantaine de Québécoises atteintes du cancer du sein n’ont pas reçu le traitement approprié à leur état à la suite de près de 90 erreurs de tests de pathologie, et cinq patientes sont décédées. Les familles de ces dernières seront bientôt avisées, si elles ne l’ont pas déjà été.

L’annonce des résultats de nouvelles analyses a été faite ce matin  par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui avait ordonné en juin dernier que des milliers de tests soient repris, même si un comité d’experts avait jugé qu’il n’y avait aucune raison de croire que les femmes visées avaient reçu un mauvais traitement.

Le ministre a assuré qu’on ne pouvait établir de lien de causalité entre les décès et les traitements inappropriés reçus, puisque le taux de mortalité constaté dans ce groupe est conforme à la normale. Il a souligné que des patientes qui avaient reçu le bon traitement ont aussi perdu la vie.
M. Bolduc a toutefois reconnu qu’il est impossible d’exclure complètement l’existence d’un tel lien de cause à effet.

Même si le ministre avait affirmé en juin n’avoir aucune raison de croire à des erreurs, il a dit ce matin ne ressentir aucun malaise devant les résultats des nouvelles analyses. Il a expliqué que le taux d’erreurs se situe en deçà du taux habituel de variabilité de 10%, ce qui démontre que les tests initiaux étaient déjà «de très grande qualité».

Selon lui, si les analyses étaient repris une troisième fois, il y aurait encore une certaine variabilité.
Yves Bolduc a nié qu’il ait été question à quelque moment que ce soit de cacher la vérité aux familles des cinq patientes décédées. Il a précisé que son équipe et lui avaient décidé de rejoindre d’abord les patientes vivantes et il a fait valoir qu’avant d’aviser des gens qui vivent le décès d’une proche, il faut prendre le temps de recueillir toute l’information nécessaire.

La reprise de tests de pathologie, effectuée au cours des derniers mois à Seattle, dans l’état américain de Washington, fait suite à la publication au printemps d’une étude du docteur Louis Gaboury, qui visait un total de 2856 Québécoises ayant reçu un diagnostic de cancer du sein entre avril 2008 et juin 2009.

L’opération menée dans un laboratoire de Seattle a permis de démontrer que les résultats obtenus auparavant dans les laboratoires du Québec n’étaient pas conformes dans 87 cas.
Toutes les femmes visées ont été contactées et informées de la situation par leur médecin. Au total, 39 femmes ont appris de leur médecin traitant qu’il fallait modifier leur traitement. Dans cinq des 87 cas de résultats erronés, la patiente est entre-temps décédée.

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