Des cliniques de la grippe ouvrent un peu partout

La production de vaccins est encore loin d'avoir atteint le rythme de croisière promis. Québec recevra quatre fois moins de doses que les 800 000 vaccins nécessaires la semaine prochaine. Une livraison tout de même un peu plus importante que celle reçue cette semaine, laquelle a entraîné la fermeture de quelques cliniques de vaccination jusqu'à lundi ou mardi prochain.

«Dans un monde idéal, a dit le Dr Alain Poirier hier, on aurait voulu que le vaccin arrive des mois avant la deuxième vague. Ce n'est pas le cas. Nous sommes dans une course.»

Pendant qu'on vaccine dans des lieux inhabituels, des cliniques de la grippe commencent également à ouvrir en dehors du réseau de la santé. Cinq régions en ont inauguré ou annoncé, afin d'éviter l'engorgement des urgences et limiter la propagation du virus. Ces cliniques sans rendez-vous pourraient se multiplier.

La campagne de vaccination «va assez rondement», selon le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui estime que la plupart des problèmes survenus depuis le début sont réglés. Cent mille vaccins peuvent trouver preneur par jour, pour peu qu'il en reste. À Montréal, quatre nouveaux centres se sont ajoutés aux dix qui ont été ouverts hier. Dès 6h hier matin, des parents avec de jeunes enfants ont obtenu un rendez-vous. Il semble que l'ordre de priorité soit de plus en plus respecté par la population.

Certains groupes critiquent toujours le plan d'action. Une centaine d'employés des écoles Victor-Doré et Joseph-Charbonneau, qui accueillent des enfants lourdement handicapés, ont manifesté hier. Ils ont obtenu gain de cause: ils seront vaccinés la semaine prochaine en même temps que leurs élèves et les employés rattachés à l'hôpital Sainte-Justine avec qui ils travaillent étroitement.

Joueurs de hockey, familles des employés de la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline, administrateurs des hôpitaux: les passe-droits, «c'est complètement inapproprié», a réitéré David Levine à la radio de Radio-Canada. «La réponse est non à tous ceux qui nous appellent.» Le ministère de la Santé de l'Alberta a d'ailleurs déclaré qu'une deuxième personne avait été limogée pour avoir aidé à mettre sur pied un centre de vaccination privé pour les joueurs des Flames de Calgary.

Animaux sous surveillance

L'OMS tient les fermiers et leurs animaux dans sa mire. Les autorités sanitaires craignent que le virus, en infectant des animaux autres que les porcs, ne mute à nouveau. Les animaux grippés demeurent des cas isolés.

Par ailleurs, il semble que la volaille, autrefois soupçonnée d'abriter la future souche pandémique de la grippe aviaire, reste insensible à la grippe A(H1N1). Les chercheurs du National Center for Foreign Animal Disease ont publié cette étude sur le site Web du Journal of General Virology. Les poulets à qui ils ont inoculé les grippes espagnoles et A, causées par deux virus de type H1N1, n'ont développé aucun symptôme et une infection très circonscrite. La grippe espagnole a été recréée en laboratoire il y a quelques années et ne circule plus dans la population depuis la pandémie du début du siècle.

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Avec La Presse canadienne et l'AFP

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