Partenariats avec le secteur privé - Industrie et fonds de recherche s'associent

Le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) a établi un certain nombre de partenariats avec des entreprises privées. Il s'agit d'un phénomène relativement récent dans l'histoire de cet organisme subventionnaire, qui a vu le jour en 1964 et qui relève maintenant du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec.

«Ce qui a incité le FRSQ à établir des partenariats avec le secteur privé, c'est d'abord le souhait de consacrer plus de ressources à la recherche dans des domaines qui sont jugés prioritaires», affirme Yves Joanette, président-directeur général de cet organisme subventionnaire. Le Fonds de la recherche en santé du Québec souhaite ainsi accroître la recherche dans des domaines d'importance, précise-t-il.

Le FRSQ a notamment conclu une entente de partenariat avec la filiale canadienne de la société pharmaceutique Pfizer pour soutenir le démarrage de Québec-Consortium de recherche en oncologie clinique (Q-CROC). Le Réseau de recherche sur le cancer du FRSQ collabore à cette initiative, qui vise à regrouper des experts travaillant dans des hôpitaux et dans des centres de recherche d'universités québécoises. En mai dernier, Pfizer Canada a annoncé un investissement de 1 250 000 $ dans Q-CROC.

Le Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ a en outre vu le jour l'an dernier. Pfizer Canada y consacrera 10 millions de dollars sur une période de cinq ans, tandis que le FRSQ est chargé de sa gestion. Ce fonds finance des projets de recherche en santé qui présentent «un potentiel élevé de transfert technologique et de commercialisation à court ou à moyen terme». Les thématiques de recherche privilégiées sont le sida et les maladies infectieuses, le cancer, les maladies cardiovasculaires et métaboliques, la santé mentale et les maladies neurodégénératives, l'inflammation, la douleur et la gestion des maladies chroniques.

Financé par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec, le FRSQ et les sociétés pharmaceutiques Pfizer Canada, AstraZeneca Canada et Merck Frosst Canada, le Consortium québécois sur la découverte du médicament a aussi été mis sur pied en 2008.

Le FRSQ, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, Pfizer Canada et AstraZeneca ont également annoncé l'an dernier un investissement dans la recherche sur la douleur chronique et son traitement. La somme globale injectée s'élèvera à 4,35 millions de dollars sur une période de quatre ans.

En 2008-2009, le FRSQ a aussi signé une entente de partenariat avec Pfizer Canada pour soutenir la recherche sur les maladies chroniques. M. Joanette indique que cette entente devrait être mise en oeuvre prochainement et que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec est aussi partie prenante de ce partenariat.

Un phénomène «national et mondial»

«C'est un phénomène récent dans l'histoire du FRSQ, mais c'est un phénomène qui est national et mondial, c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de mises en lien entre les entreprises responsables et les organisations subventionnaires de la recherche publique», affirme le président-directeur général.

La volonté de créer des partenariats avec le secteur privé vient-elle du fait que les budgets publics sont restreints? «Quand on parle de recherche, on pourrait toujours trouver le moyen d'utiliser des ressources supplémentaires. Donc, les budgets sont toujours, entre guillemets, limités. Mais ce n'est pas parce que les budgets ont été limités qu'on s'est tourné vers des partenaires. Au contraire, je dois dire que le gouvernement du Québec appuie de façon constante le Fonds de la recherche en santé du Québec», dit M. Joanette. Le président-directeur général du FRSQ réitère que le souhait premier à l'origine des partenariats avec le privé est d'amplifier la recherche dans des domaines prioritaires. L'organisme subventionnaire mentionne dans son site Internet que la recherche requiert aujourd'hui «des infrastructures spécialisées et des technologies de pointe souvent très coûteuses».

Dans la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation dévoilée en 2006, le gouvernement affirmait l'importance d'un partenariat entre le milieu de la recherche, les entreprises et les organismes publics chargés de la gouvernance de la recherche et de l'innovation.

Modalités

Le président-directeur général du FRSQ indique que le choix des projets financés dans le cadre de partenariats avec le secteur privé est fait par des comités de pairs, sur la base de l'excellence de la recherche. «Le choix des projets n'est pas du tout fait selon des critères qui sont dictés par le partenaire», dit-il. Dans le cas du Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ, le comité d'évaluation des demandes est composé de dix scientifiques hors Québec choisis par l'organisme subventionnaire, y compris deux membres du secteur privé. Deux scientifiques employés par Pfizer y siègent à titre d'observateurs sans droit de vote.

Les chercheurs conservent en outre la propriété intellectuelle de leurs travaux, dans le respect des ententes qui peuvent exister avec les universités. «L'entreprise n'a pas du tout sa part de propriété intellectuelle, puisqu'il ne s'agit pas du tout d'une recherche qui est dirigée par l'entreprise», dit M. Joanette.

Le FRSQ a l'intention de développer de nouveaux partenariats avec des entreprises privées. Il envisage par exemple de renforcer la recherche sur la maladie d'Alzheimer et sur les troubles de la cognition. «Nous allons travailler dans les prochains mois à essayer de rassembler des partenaires autour de cette thématique», mentionne M. Joanette.

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Collaboratrice du Devoir

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