Montréal - La vaccination à la chaîne se déroule rondement

Les premiers centres de vaccination de masse ont ouvert leurs portes hier matin à des Montréalais préparés mentalement à faire la queue pendant des heures. Ils ont plutôt eu la surprise d'être servis en moins de soixante minutes, comme l'avaient promis la veille les autorités de la santé publique.

À la place Alexis Nihon, en plein coeur du centre-ville, on vaccinait en matinée 250 personnes à l'heure. «On pense atteindre les 300 très bientôt», prévoyait le directeur des communications du CSSS de la Montagne, Jean Paiement. Derrière lui, une petite file éparse attend son coupon. L'affaire est expédiée en moins d'une demi-heure, voire quelques minutes pour les plus chanceux.

À leurs côtés, deux dames au dossard blanc répondent aux questions qui fusent, nombreuses. Ce sont elles qui refoulent gentiment, mais fermement, ceux qui ne font pas partie des groupes prioritaires et qui veulent être vaccinés quand même. «Je prends du Coumadin, vous êtes sûre que je ne suis pas admissible?» «Certaine, vous serez appelé à revenir le 23 novembre, peut-être plus tôt si tout va bien.»

Ce sont elles encore qui reçoivent les récriminations de parents choqués d'apprendre qu'ils ne pourront pas être vaccinés avec leurs petits, contrairement à ce qu'on leur avait annoncé plus tôt cette semaine. À elles aussi l'agacement de ceux qui ont eu toute la misère du monde à trouver les informations sur le site Pandémie Québec en raison de ratés pour lesquels Québec a dû présenter ses excuses hier. Et pourtant, elles continuent à sourire. «Vous allez voir, les gens viennent nous remercier et nous féliciter en sortant.»

Aux portes de la clinique de vaccination de masse improvisée, un clown accueille les appelés qui, coupon en main, passent rapidement les barrières, certains sans même avoir à attendre. Ils sont alors pris en charge par une infirmière qui effectue le triage, première des huit étapes qui jalonnent la vaccination. Suivent l'information, l'inscription, le questionnaire de santé et la vérification, qui vont plutôt rondement.

Puis vient l'étape cruciale, la sixième, l'injection proprement dite. «Je suis capable d'en prendre encore», lance une infirmière dont la tâche est de gérer une file d'attente pour l'instant inexistante. «Ça roule vraiment bien, les gens nous félicitent. Écrivez-le, ça va faire du bien.» Derrière elle, des infirmières vaccinent à la chaîne, le geste sûr, rapide, efficace. «Nous allons tenir ce rythme en continu de 8h à 20h», assure M. Paiement. Pour combien de temps? «Le temps qu'il faudra», soit de six à huit semaines selon les projections ministérielles.

Plus loin, dans la salle de surveillance, ultime étape avant la sortie, des familles attendent les 15 minutes requises avant de prendre la poudre d'escampette. Une femme joue avec son fils. Tout s'est bien passé? «Très bien, c'était rapide, efficace. J'ai mis des sous dans le parcomètre à 10h30 et à 10h40, il se faisait vacciner.» Elle-même médecin, elle se dit ravie et soulagée de voir que la machine montréalaise est enfin en route.

À ses côtés, une autre maman renchérit: «C'était plus que bien! Nous n'avons attendu que 15 minutes», raconte celle qui s'était préparée pour tenir le fort pendant des heures. «Les gens sont bien organisés. Ils sont courtois. Je suis vraiment surprise, j'étais prête à tout. J'avais prévu des jouets, de la nourriture et même des renforts», dit-elle en montrant sa mère du doigt.

Le même discours se répète au CLSC du Plateau Mont-Royal, au Mail Cavendish comme au CLSC de Hochelaga-Maisonneuve, où les quelques grincements de dents se perdent sous les félicitations et les remerciements. À l'Agence, on confirmait hier en fin de journée que les dix centres qui ont ouvert leurs portes aux clientèles prioritaires avaient réussi à maintenir ce rythme.

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