Pandémie et autres crises - Ottawa n'a pas de plan d'urgence

Le rapport de la vérificatrice générale est toujours attendu avec une certaine impatience: quel ministère passera pour le cancre, se demande-t-on? Cette fois, c'est celui de la Sécurité publique qui écope parce qu'il n'a pas de véritable plan d'urgence pour réagir aux différentes crises qui peuvent survenir. En ces temps de grippe A(H1N1), ce n'est pas très bien vu...

Ottawa — Alors que des critiques fusent de toutes parts quant à la réponse du gouvernement fédéral à la pandémie de grippe A(H1N1), voilà que la vérificatrice générale du Canada lui reproche de ne pas avoir de plan pour intervenir en situation d'urgence, comme lors d'une pandémie.

Citant au passage les exemples récents de la grippe aviaire, du SRAS, de la listériose, de la grippe H1N1 et de la crise du verglas, entre autres, ainsi qu'une éventuelle menace terroriste, la vérificatrice générale, Sheila Fraser, souligne dans son rapport déposé hier aux Communes que le ministère de la Sécurité publique a la responsabilité de s'assurer que le pays peut effectuer une intervention coordonnée en cas d'urgence.

«Il [le ministère] doit aussi assurer un suivi et coordonner, à l'échelle du gouvernement fédéral et en collaboration avec les provinces, une approche concertée en matière d'intervention, soit une approche "tous risques" globale qui intègre les mesures de prévention et d'atténuation, de préparation, d'intervention et de rétablissement», explique Mme Fraser.

Mais même si le ministère planche depuis 2004 sur l'élaboration d'un plan fédéral d'intervention d'urgence, le document n'a toujours pas été approuvé par le gouvernement, déplore

Mme Fraser. Le ministère considère néanmoins sa version préliminaire comme un plan définitif.

À l'heure actuelle, il n'existe pas non plus de stratégie de coordination des activités d'urgence entre les différents ministères, conclut-elle également.

Et tandis que le fédéral a déterminé, en 2001, qu'il fallait élaborer une stratégie nationale pour protéger les infrastructures essentielles, et que Sécurité publique Canada s'est engagée à le faire d'ici 2005, ces dernières n'ont toujours pas été identifiées et ladite stratégie demeure une ébauche.

Mme Fraser a toutefois souligné, en point de presse quelques minutes avant le dépôt de son rapport, que son équipe ne s'était pas penchée sur la pandémie de grippe A(H1N1).

«Nous n'avons pas regardé spécifiquement cette question-là, mais je n'ai pas de craintes qu'on y réponde. Mais est-ce que la coordination sera aussi efficace qu'elle devrait l'être? Elle est là, la question», a-t-elle détaillé.

Les partis d'opposition ont saisi l'occasion en attribuant les critiques de Mme Fraser à la réponse d'Ottawa à la grippe A(H1N1).

Le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, a dit que son gouvernement agissait en vertu du plan de lutte contre la pandémie et non en vertu du plan d'intervention d'urgence.

«Ni le gouvernement précédent ni celui-ci n'ont pensé que [le plan] devait être approuvé par le cabinet. Elle [Mme Fraser] a suggéré que, s'il était approuvé par le cabinet, le document et les individus auraient une plus grande autorité. Nous allons suivre cette suggestion», a promis le ministre.

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