Vaccination contre H1N1- Québec veut mettre de l'ordre dans les files d'attente

L'inquiétude des Canadiens est évidente quand on regarde les files d'attente aux portes des cliniques de vaccination
Photo: Agence Reuters L'inquiétude des Canadiens est évidente quand on regarde les files d'attente aux portes des cliniques de vaccination

Des coupons seront distribués et leurs détenteurs seront assurés d'être vaccinés le jour mêmeAprès Ottawa, voilà que c'est au tour de Québec d'être blâmé pour sa gestion chaotique de la pandémie de grippe A(H1N1). Le gouvernement Charest a aussitôt réagi en annonçant qu'il allait réviser le tir et remédier au problème des files d'attente «dans les prochaines heures».

Faire le pied de grue pendant des heures sans avoir même l'assurance de pouvoir être vacciné contre la grippe A(H1N1) est «inacceptable», selon le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. À compter de ce matin, un système de coupons sera donc instauré de manière à mettre un peu d'ordre dans les files d'attente qui s'allongent un peu partout au Québec.

Le principe a été mis à l'épreuve à Gatineau cette semaine et «il fonctionne très bien», a fait valoir le ministre Bolduc. Les gens pourront se présenter à leur site de vaccination, où un coupon leur indiquant l'heure à laquelle ils seront conviés leur sera donné. Ainsi, plus personne n'attendra en vain un vaccin pour retourner chez lui bredouille une fois les stocks quotidiens épuisés.

Ces coupons seront disponibles dès ce matin à Québec, en Montérégie et dans les Laurentides, mais seulement demain à Montréal. Ils permettront aussi aux autorités de la santé de vérifier si les gens qui se présentent sont bien de la région desservie par ce centre et s'ils figurent bien sur la liste des groupes prioritaires fixés par Québec.

Le ministre est conscient que le coupon ne réglera pas tout. «Aucun système n'est parfait», a-t-il convenu en faisant appel au civisme des gens pour ne pas que s'instaure un régime parallèle de redistribution desdits coupons. L'annonce n'a pas ébranlé le Parti québécois, qui présentera aujourd'hui une motion en Chambre pour dénoncer «la confusion, la gestion chaotique et la planification inadéquate» du gouvernement Charest dans cette entreprise.

Le Collège des médecins n'aime pas non plus voir autant de gens devoir attendre des heures dans des lieux publics pour être vaccinés. Mais il voit difficilement comment faire autrement pour vacciner sept millions de personnes en un temps aussi court. «Ce n'est peut-être pas la meilleure formule, mais c'est certainement la moins pire», a tranché hier le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert.

Quant au rythme de production du vaccin, il va bon train, s'est défendu la ministre fédérale de la Santé, qui a fait l'objet de nombreuses attaques sur ce sujet. «Avec six millions de doses distribuées jusqu'à présent, le Canada est le pays qui a en a distribué le plus par personne dans le monde», a fait valoir Leona Aglukkaq.

Après avoir annoncé un important ralentissement dans la production du vaccin pour produire le vaccin sans adjuvant destiné aux femmes enceintes, GlaxoSmithKline a d'ailleurs annoncé avoir repris la cadence initiale hier. Le vaccin sans adjuvant devrait être disponible pour les femmes enceintes à compter de dimanche ou lundi.

Les plus récents rapports de surveillance montrent une activité accrue du virus partout au Québec, spécialement en Montérégie. Sa virulence n'a toutefois pas changé et reste faible. Le nombre grandissant de cas a toutefois forcé Québec à ouvrir six cliniques réservées aux patients atteints du virus. Une dizaine d'autres devraient ouvrir d'ici la fin de la semaine.

La pression est en effet grandissante sur les établissements de santé. Hier, l'Hôpital de Montréal pour enfants a fermé temporairement certaines de ses cliniques de consultation externe et son centre de prélèvement. Le personnel clinique a été redéployé à l'urgence pour répondre à l'arrivée massive d'enfants souffrant de symptômes grippaux bénins. Québec a pour sa part doublé les ressources de sa ligne Info-Santé.

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