Vaccination contre H1N1 - Les files d'attente gagnent la Montérégie

La vaccination se poursuit partout au Canada
Photo: Agence Reuters La vaccination se poursuit partout au Canada

Alors que le Québec inaugurait à son tour hier le supplice des files d'attente avec l'entrée en piste de nouveaux sites de vaccination de masse, Ottawa était le théâtre d'un débat houleux qui a repris de plus belle en soirée. Au centre de la bisbille: la préparation à la pandémie de grippe A(H1N1).

Informations confuses, délais de distribution inacceptables, production au ralenti. La stratégie des conservateurs pour lutter contre la grippe A(H1N1) leur a valu les foudres de l'opposition hier. Appuyés par les bloquistes et les députés du NPD, les libéraux fédéraux ont réclamé — et obtenu — la tenue d'un débat d'urgence hier soir aux Communes dans le but de trouver un moyen de «mieux gérer la crise».

La critique libérale en matière de santé, Carolyn Bennett, accuse le gouvernement Harper d'avoir mal géré la production du vaccin. L'accélération de la production de vaccins sans adjuvant réservés aux femmes enceintes a eu pour conséquence de ralentir considérablement la production du vaccin avec adjuvant destiné au reste de la population. À titre d'exemple, le Québec ne recevra cette semaine que 101 500 doses contre 469 000 la semaine dernière.

Cette décision était mal avisée, estime Mme Bennett alors que l'Organisation mondiale de la santé recommande désormais le vaccin avec adjuvant aux femmes enceintes de plus de 20 semaines. Mme Bennett estime de surcroît qu'Ottawa envoie un message confus, voire contradictoire à la population. «La brochure du H1N1 a l'air aussi compliquée qu'une déclaration d'impôt», a lancé Mme Bennett, en point de presse dans la capitale fédérale.

Mme Bennett aimerait également que le gouvernement Harper cesse d'économiser pour faire face à la pandémie. Selon elle, pas moins de 160 millions dormiraient dans les coffres de l'État. «Nous voulons que le gouvernement ouvre sa tirelire et qu'il mette l'argent sur le terrain, où les gens en ont manifestement besoin maintenant.»

Attaquée de toutes parts, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a assuré que son gouvernement faisait tout pour distribuer le vaccin aussi vite que possible. «Tous les Canadiens qui veulent le vaccin pourront le recevoir d'ici Noël», a-t-elle promis.

Au Québec, le premier ministre, Jean Charest, a une fois de plus voulu se montrer rassurant, en se disant hier certain que la campagne d'immunisation sera un succès, malgré des débuts difficiles. De nouvelles pressions se sont toutefois ajoutées hier avec l'ouverture de nouvelles cliniques de vaccination de masse au Québec devançant ainsi Montréal qui n'ouvrira pas ses premiers sites avant vendredi.

Armés de leurs chaises et de couvertures, des gens se sont installés dès l'aube pour recevoir le vaccin contre la grippe A(H1N1) en Montérégie. Là-bas, les files d'attente se sont étirées jusque dans la rue en certains endroits, témoignant de la popularité grandissante du vaccin au sein de la population.

Cet engouement soudain, qui a toutes les allures d'un revirement, n'effraie pas Québec qui assure avoir tout ce qu'il faut pour vacciner tous ceux qui le voudront, «pour peu que chacun respecte les priorités fixées par les autorités de la santé publique», précise l'attachée de presse du ministre de la Santé, Marie-Ève Bédard.

Pour l'instant, la baisse de production ne se fait pas sentir sur la cadence de vaccination qui peut atteindre les 300 personnes à l'heure. «Nous en mesurerons plutôt les impacts la semaine prochaine», croit l'attachée du ministre Yves Bolduc, qui n'a pas voulu commenter la décision d'Ottawa de ralentir sa production pour favoriser la production de vaccin sans adjuvant.

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Avec La Presse canadienne

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