A(H1N1): des «antivaccination» crient au complot sur Internet

Alors que le géant pharmaceutique Novartis effectue ses premiers tests de vaccins contre la grippe A(H1N1) sur les humains, la vaccination déchaîne les passions à tout le moins sur le Web, où fleurissent les blogues et les sites Internet qui relaient des informations alarmistes voulant que le nouveau vaccin constitue un risque grave pour la santé, voire qu'il puisse causer la mort.

De la foutaise, croient plusieurs chercheurs en santé publique et des spécialistes des maladies infectieuses. «Aucun vaccin n'est efficace à 100 %, 100 % du temps. Mais le risque d'effets secondaires que présente le vaccin n'est pas assez grand pour qu'on laisse tomber la vaccination. Les risques associés à la maladie sont éminemment plus sévères», a soutenu le Dr Brian Ward, directeur adjoint du Centre de recherche en maladies infectieuses et microbiologie du Centre hospitalier de l'Université McGill.

Le chercheur, qui a servi de témoin expert pour les gouvernements américain et québécois dans des causes impliquant la vaccination, reconnaît toutefois qu'il est impossible de tout anticiper avant d'administrer une dose à quelqu'un. «Il faut envisager la possibilité d'un effet secondaire sérieux, mais est-ce qu'on peut soupçonner que [le risque d'effets secondaires] est plus élevé que pour les autres vaccins sur le marché? Non», a insisté le Dr Ward.

Pour lui, ces complications, plutôt rares, avaient plus de chance de survenir avec les anciens vaccins, comme ceux contre la rage. Fabriqués à base de virus vivant, les vaccins contre la poliomyélite, qui étaient administrés oralement, présentaient quant à eux des risques de paralysie. «On peut dire que dans l'histoire des vaccins, des effets secondaires et quelques décès ont été rapportés, mais la plupart des vaccins sont très, très sécuritaires», a dit le Dr Ward.

Les vaccins contre la grippe A(H1N1) qui sont actuellement testés ne sont pas faits à partir du virus vivant. Et si les vaccins contre l'influenza ont déjà été associés au syndrome Guillain-Barré, une maladie rare qui affecte les nerfs, très peu de gens vaccinés semblent désormais y développer une susceptibilité. «On parle d'un risque sur un million et dans certains cas, sur deux millions», a noté le chercheur de McGill.

Il soutient que l'échec vaccinal peut être possible chez des personnes ayant un système immunitaire faible, mais c'est, selon lui, une raison de plus pour vacciner le plus grand nombre de gens possible.

La théorie du complot

Parmi les sites diffusant une information mensongère au sujet du vaccin, certains prétendent que l'injection est l'élément clé d'un vaste complot visant à exterminer des centaines de millions de personnes et invitent la population à signer une pétition pour ne pas se faire vacciner. Un blogue québécois publie un article mettant la population en garde contre un «"programme expérimental" de vaccination ou encore une campagne de "vaccination forcée", probablement recommandée par l'OMS» et allègue que les vaccins contre l'influenza constituent un «empoisonnement massif».

Sur YouTube, des vidéos prétendument tournées sur le site du Center for Disease Control, l'autorité américaine en matière de prévention des maladies infectieuses, présentent des piles de grandes boîtes de plastique comme étant des cercueils qui n'attendent que des corps. D'autres sites racontent l'histoire d'une journaliste autrichienne qui aurait récemment «intenté une action judiciaire contre l'Organisation mondiale de la santé [OMS], l'ONU et contre plusieurs hauts responsables du gouvernement et des entreprises pour bioterrorisme et pour tentative de meurtre de masse». Cette journaliste aurait même préparé une demande en injonction contre la vaccination forcée que l'on dépose auprès des tribunaux américains en ce moment.

Pour le Dr Brian Ward, ces actions sont vraiment «contre-productives». «Ces gens qui se pensent plus intelligents que les autres parce qu'ils ne croient pas à la pandémie ou au vaccin écrivent de telles choses parce qu'ils n'ont rien à perdre, estime-t-il. Mais si la situation change et devient grave, ils seront les premiers à faire la file pour avoir leur dose.»

Le ministère de la Santé dit être au courant que des informations antivaccination circulent. «Quand le vaccin va être prêt, on va voir à qui on le recommande, selon la gravité de la situation. Mais c'est certain qu'on va en faire la promotion, car pour nous, il est efficace et sécuritaire», a assuré Marie-Claude Gagnon, porte-parole du ministère de la Santé. Elle précise qu'elle ne s'attend pas à des surprises avec ce nouveau vaccin, «qui est élaboré à partir de la même technologie que le vaccin pour l'influenza saisonnière».
1 commentaire
  • Jocelyne Gervais - Inscrit 13 juin 2010 10 h 50

    CONSPIRATION ???

    «Mais c'est certain qu'on va en faire la promotion, car pour nous, il est efficace et sécuritaire», a assuré Marie-Claude Gagnon, porte-parole du ministère de la Santé.»

    Comme ces paroles de Mme Gagnon me réconfortent, lol. Avec tout ce qui s'est passé avec la crise de "PEURdémie", laissez-moi vous dire que je n'ai plus AUCUNE CONFIANCE à ce ministère de la maladie.

    Je n'ai pas été vaccinée car je me suis bien renseignée sur ce vaccin qui n'était pas testé. J'ai tenté de convaincre des personnes à ne pas se faire vacciner mais on ne me prenait pas au sérieux.

    Maintenant, je suis au courant pour ce qui s'en vient. Si je comprends bien l'article, je suis une adepte de "complot". Laissez-moi rire.

    Bien se renseigner, faire le pour et le contre, être au courant que les big pharms en tirent des profits généreux de ces vaccins et que ce sont les populations qui paient de leur santé, si c'est ça faire du complot, eh bien, faut être vraiment cons pour se faire avoir une seconde fois, n'est-ce pas.

    Le seul complot existant est celui de l'OMS avec les co. pharmaceutiques.