Bébé miracle - Il attendait un coeur neuf, le sien s'est remis à battre normalement

Panagiotis Baltzis, dans les bras de sa mère, n’avait que cinq mois lorsqu’il a été admis à l’hôpital.
Photo: La Presse canadienne (photo) Panagiotis Baltzis, dans les bras de sa mère, n’avait que cinq mois lorsqu’il a été admis à l’hôpital.

Le coeur de Panagiotis Baltzis, un bébé alors âgé de cinq mois, semblait irréparable. Mais, après avoir été relié à un appareil puis à un coeur artificiel, il s'est remis à battre normalement, à la grande surprise des médecins et de sa famille.

Les médecins affirment que Panagiotis, qui célébrera son premier anniversaire à la fin du mois, est l'un des seuls bébés dans le monde à s'être complètement remis des interventions qu'il a subies sans avoir eu besoin d'un nouveau coeur.

L'armée de médecins qui s'est occupée de l'enfant ainsi que sa famille étaient réunies, hier, à l'Hôpital de Montréal pour enfants, pour raconter l'histoire improbable de ce «miracle médical».

Le bambin est arrivé à l'hôpital le 18 décembre, après que son pédiatre eut jugé préoccupant qu'il ne prenait pas de poids et qu'il ne grandissait pas.

Ses parents ont été sous le choc lorsqu'on leur a annoncé que leur fils souffrait d'une insuffisance cardiaque congestive aiguë et que sa vie ne tenait qu'à un fil.

Les puissants médicaments administrés n'ont pas permis de ralentir les battements accélérés de son coeur qui rendaient l'enfant si malade. Et son état se détériorait rapidement.

Choix déchirant

Après deux semaines, les médecins se sont vus obligés de donner cinq minutes aux parents pour qu'ils décident s'ils acceptaient que leur fils soit branché à un système d'assistance respiratoire extracorporelle (ECMO). Cela signifiait que le bébé aurait probablement à subir une transplantation du coeur.

Ses parents ont affirmé hier qu'ils n'étaient pas prêts à voir leur enfant branché à une telle machine et que, s'ils avaient eu plus de temps pour y penser, ils auraient peut-être refusé.

«La première chose qui m'est passée par la tête, c'est: "Qu'est ce que j'ai fait à ce petit bébé"», a affirmé son père, Athanasios Baltzis. Il a même empêché sa femme d'entrer dans la pièce où se trouvait leur enfant pendant quatre jours, tant la vue était difficile.

Puis, après sept jours, les médecins ont décidé de retirer le système d'ECMO et d'implanter au bébé un coeur de Berlin. Ce coeur artificiel est généralement perçu comme un aller simple vers une greffe cardiaque, puisque, une fois implanté, il n'y a pas de retour possible. L'enfant a survécu à la chirurgie, mais aucun vrai coeur n'était encore disponible.

Un miracle

Toutefois, après 12 jours, quelque chose d'extraordinaire est survenu: le vrai coeur du petit Panagiotis s'est remis à battre à nouveau normalement.

«Nous avions l'option de retirer le coeur de Berlin et de laisser l'enfant vivre avec son propre coeur», a affirmé le Dr Renzo Cecere. Selon lui, il était cependant difficile de savoir comment le bébé réagirait. De plus, réimplanter à nouveau un coeur artificiel ou encore le rebrancher sur un système d'ECMO aurait également été très difficile, puisque le coeur de Berlin cause généralement beaucoup de dommages.

Mais, le 24 janvier, le coeur de Berlin est retiré, 37 jours après l'admission de l'enfant à l'hôpital. Puis, le 19 février, le bébé miraculé a célébré, avec un peu de retard, Noël à la maison.

«Il se comporte comme un enfant normal d'un an. Cela me dépasse, mais voilà», a affirmé le Dr Charles Rohlicek, qui dit avoir vu très peu de cas similaires dans cette tranche d'âge.

Panagiotis Baltzis demeure néanmoins sous médication, afin de contrôler le rythme des battements de son coeur. Il devra également subir d'autres opérations chirurgicales. Mais, de manière générale, l'enfant se porte très bien et pourra fêter son premier anniversaire. Sa mère a choisi pour l'événement, et à juste titre, le thème de «Superman».

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