Une coalition demande des CHU sans PPP

Une nouvelle coalition pour un Centre hospitalier universitaire sans partenariat public-privé (CHU sans PPP) a exhorté hier le gouvernement Charest à revenir sur sa décision pour construire les trois projets d'hôpitaux universitaires en mode conventionnel. Profitant de la brèche ouverte par le premier ministre lui-même lors du lancement de l'appel d'offres pour la construction du CHUM en mars dernier, le porte-parole de cette coalition, formée notamment de divers syndicats, fédérations de médecins et ordres professionnels, a demandé que Jean Charest «passe au plan B». «Pour nous, ce plan B, c'est un hôpital construit sur une base publique. Et il est encore largement temps de l'appliquer. Les plans qui sont déjà commencés pourront être réutilisés», selon l'urgentologue Alain Vadeboncoeur, également vice-président de Médecins québécois pour le régime public.

Régine Laurent, nouvellement élue à la tête de la Fédération interprofessionnelle du Québec (FIQ), a jugé beaucoup trop risquée la construction en mode PPP du CHUM, du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). «Les consortiums ont de la difficulté à trouver du financement, et on nous demande à même nos impôts de faire la mise de fonds, de garantir le prêt et de rester locataires de l'immeuble. Personne n'accepterait ça de façon personnelle, mais on nous demande collectivement de [nous] embarquer dans un projet aussi fou», a-t-elle souligné.

La coalition a aussi attaqué l'Agence des partenariats public-privé du Québec, chargée de coordonner les mégaprojets. «Encore faudrait-il qu'on ait des gens dans l'Agence qui sachent ce qu'est un pareil projet et qui sachent un minimum ce qu'est la construction. Ils disent s'entourer, mais l'expertise n'est pas au rendez-vous», a déploré le président de l'Ordre des architectes du Québec, André Bourassa.

Les membres de la Coalition disent s'étonner que le gouvernement semble toujours faire la sourde oreille quand autant d'acteurs, y compris ceux de la société civile, s'opposent au mode de financement PPP. «Pourquoi Charest n'écoute-t-il pas une coalition aussi large?» s'est demandé Mme Laurent.

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