Cancer du sein - Une situation explosive, reconnaît Bolduc

C'est ce qu'a indiqué, hier, Yves Bolduc, au cours d'un point de presse après la période de questions à l'Assemblée nationale. «Je pense que c'est possible», a-t-il prévenu. Ces tests pourront être refaits sans que les patientes aient à subir une nouvelle biopsie puisqu'une partie des tissus prélevés est conservée, a-t-on appris.

«L'étude du Dr Gaboury, de ce qu'on a pu voir, c'est quand même une étude qui est bien faite», a reconnu M. Bolduc, qui, depuis deux jours, mettait en doute la rigueur de l'étude menée par le Dr Louis Gaboury, président de l'Association des pathologistes du Québec, parce qu'elle était financée par la compagnie pharmaceutique Hoffman-Laroche, le fabricant de la molécule anti-cancer Herceptin.

«C'est explosif», a ajouté le ministre. «C'est explosif dans le sens qu'il [le Dr Gaboury] dit: "Nous autres, on voudrait être sûrs que la qualité est là, et, pour être sûrs de la qualité, il faudrait qu'on ait une assurance-qualité comme programme au Québec."»

Demain après-midi, Yves Bolduc rencontrera les représentants des pathologistes et des hémato-oncologues afin qu'«on puisse vraiment donner les grandes orientations» pour la suite des choses. «On prend ça assez au sérieux pour rencontrer les experts» que sont les hémato-oncologues et les pathologistes, dont le Dr Gaboury, a dit le ministre. Il n'est pas question d'attendre les résultats d'une étude que pourraient entreprendre le Collège des médecins et l'Institut national de santé publique et qui pourrait prendre des mois, comme M. Bolduc l'avait envisagé jeudi.

Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, s'est montré fort satisfait, hier, de la tournure des événements. «C'est exactement ce qu'on avait proposé au ministre mercredi», a-t-il indiqué, la journée précédant le reportage de la télévision de Radio-Canada qui a révélé l'existence de l'étude. Le Dr Barrette a reconnu qu'il avait forcé le jeu pour améliorer le sort des pathologistes, qui sont «stressés», «désemparés», a-t-il dit, et des patientes qui se font diagnostiquer un cancer du sein.

Au Québec, environ 6000 femmes par an reçoivent un diagnostic de cancer du sein. De ce nombre, environ 20 % présentent un mauvais diagnostic touchant la présence du marqueur HER-2, selon l'Agence des technologies et des modes d'intervention en santé (ATMIS). Ces patientes ont besoin d'un médicament spécifique beaucoup plus dispendieux, le Herceptin, qui coûte quelque 50 000 $ par an, mais le seul qui soit efficace pour elles. De là l'importance de ces tests.

L'étude du Dr Gaboury porte sur 15 échantillons de tissu de 15 patientes qui ont été envoyés dans 25 laboratoires, soit la moitié des laboratoires faisant ce type d'analyses au Québec. Les tests servent essentiellement à déterminer duquel des deux grands types de cancer souffrent les patientes de façon à leur administrer le médicament approprié. Or de 15 à 30 % des tests étaient erronés.

Selon le Dr Barrette, la plupart des provinces canadiennes, bien avant le Québec, ont mené de semblables études, aux frais de leur système de santé, après l'affaire des tests erronés pour le cancer du sein à Terre-Neuve.

Le Dr Barrette, qui ne fait pas dans la dentelle, se défend d'avoir alarmé la population inutilement. «Le vrai scandale, ce n'est pas qu'on sorte aujourd'hui et qu'on ameute [la population], le vrai scandale, c'est qu'on ne s'en est pas occupé depuis 2005.»

Yves Bolduc a répété, hier, que ni son ministère ni lui-même ne connaissaient l'existence de l'étude québécoise avant qu'elle ne fasse l'objet d'un reportage jeudi. Or l'étude a été remise le mois dernier au comité du Laboratoire de santé publique, créé par le ministre pour mettre en place un programme d'assurance-qualité visant les tests pour le cancer.

Dans un rapport en 2008, l'Agence des technologies et des modes d'intervention en santé (ATMIS) a recommandé que le réseau de la santé mette en place un programme d'assurance-qualité qui permette de valider les tests servant à identifier les femmes qui, atteintes d'un cancer du sein, seraient plus à risques.

Selon le Dr Barrette, l'assurance-qualité va de pair avec un investissement dans la technologie dont dépendent les pathologistes afin d'assurer la fiabilité des tests. Il existe aussi une pénurie de pathologistes au Québec, a reconnu, hier, Yves Bolduc.

À l'Assemble nationale, le premier ministre Jean Charest a souligné qu'il prenait la situation «très au sérieux», son gouvernement cherchant à connaître les faits. «Nous le faisons avec beaucoup de diligence, reconnaissant l'anxiété que doivent vivre aujourd'hui des milliers et milliers de femmes au Québec, des femmes aujourd'hui qui s'interrogent sur à la fois le diagnostic et le traitement qu'elles ont reçu», a-t-il répondu à une question que lui a adressée la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois.

«Comment le ministre peut-il expliquer qu'il n'était pas au courant de l'existence de l'étude, alors qu'elle a été remise aux autorités de son ministère il y a au moins un mois de ça?», a demandé le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, au ministre.
3 commentaires
  • Yvon Roy - Inscrite 30 mai 2009 07 h 34

    oups!

    Les lamelles de cytologie étant prélevées sur le corps de suppliciés en anatomo-pathologie jusqu'à une époque assez récente, un très savant professeur français de l'Université Laval nous avait expliqué qu'il ne fallait pas s'étonner que ses coupes de la thyroïde soient presque toutes dépourvues de thyroxine, étant donné que son patient avait eu comme de toutes petites émotions avant de mourir. Ce qui démontre une fois de plus que le contexte est parfois très utile en médecine tout autant qu'en politique évidemment...

  • Claude Stordeur - Inscrit 30 mai 2009 13 h 54

    Ça fait juste 4 ans

    Qu'on réclame du matériel d'analyse un peu plus moderne, maintenant qu'il a les deux seule mains sur le volant, laquelle sait pas ce que l'autre savait?

    Vraiment on est à la solde d'un gouvernement qui fonctionne comme une poule sans tête, cette tête étant celle de Charest

  • abderrahmane oucible - Inscrit 31 mai 2009 14 h 30

    Le cancer est une maladie generalement guerrissable

    C'est le stress, soit les condition de la vie dans nos villes qui perturbent continuellement notre organisme à partir du noyau de nos cellules qui est en cause dans le malheur qui nous attaque qu'est le Cancer.
    Expliquez vous me diriez vous ?
    Oui bien sur,
    En effet c'est très très simple , il suffit de se rendre conscience de son mal .
    Mais comment se rendre conscience de son mal ?
    C'est encore plus simple , il suffit de contacter la terre quelque minutes par jour pour se décharger, dépolluer son corps et le nourir en harmonie avec ses besoins.
    L'apitherapie soit les piqures d'abeilles s'est avéré un moyen très efficace pour l'entretien de notre système immunitaire .
    Récapitulons /
    1/ arrêter de fumer de se droguer
    2/ se dépolluer par l'eau décalcifié et par une alimentation très naturelle
    3/ se détendre le plus possible
    4/ se faire piquer par cet insecte sacré qu'est l'abeille
    5/ croire à la guérison et aimer la vie
    6/ accepter de recevoir la mort si elle ose faire escale chez nous en nous rassurant qu'elle ne nous embarquera pas sauf si elle veut nous délivrer de notre souffrance
    7/sortir de notre milieu est souvent nécessaire pour retrouver du vrai bonheur, surtout de voyager aussi loin que possible en s'approchant le plus possible de la nature.