Le Mexique à l'heure des comptes

Des employés d’une école mexicaine désinfectent les tables et les chaises d’une classe en prévision du retour des élèves.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des employés d’une école mexicaine désinfectent les tables et les chaises d’une classe en prévision du retour des élèves.

Si l'OMS continue de compter les nouveaux cas d'infection, le Mexique, lui, calcule les pertes que l'épidémie de grippe lui aura causées. Si le pire de la tempête semble être passé, les autorités sanitaires appellent les pays à ne pas baisser la garde.

Malgré la prolifération lente des cas de grippe partout dans le monde, l'heure serait-elle déjà au bilan? Il semblerait bien que ce soit le cas au Mexique, pays épicentre de l'épidémie, qui s'affaire déjà à évaluer l'ampleur des dégâts économiques. De son côté, même si la tension se relâche également aux États-Unis, qui viennent d'enregistrer un second décès lié au virus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) refuse d'écarter le spectre d'une pandémie et continue de mettre en garde les pays contre la réapparition d'un virus sous une forme encore plus virulente.

Au Mexique, où on assiste à la réouverture des écoles et des commerces, on fait déjà les comptes. L'épidémie, qui a fait près de 30 morts, pourrait ainsi coûter «environ 0,3 %» de la richesse nationale, soit 2,3 milliards de dollars, a déclaré le ministre des Finances mexicain, Agustin Carstens.

Dans la capitale, les pertes liées au secteur hôtelier et à l'annulation de voyages représentent à elles seules près de dix millions de dollars, soit la plus grande perte des dix dernières années, rapporte le quotidien El Universal.

Mais le Mexique a son plan de relance. Le gouvernement a prévu une enveloppe de 2,1 milliards de dollars, comprenant des mesures d'incitation fiscale de 1,3 milliard et un fonds de promotion du tourisme, troisième source de devises du pays. Les entreprises en difficulté recevront des crédits bancaires à hauteur de 380 millions.

Début de la fin?

Malgré tout, même si 64 nouveaux cas ont été dépistés au Mexique — ce qui porte le bilan à 840 personnes infectées —, le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a confirmé hier le recul de la maladie. Il rappelle d'ailleurs que le dernier décès confirmé «remonte au 29 avril», soit il y a une semaine déjà.

Quant à l'OMS, elle a écarté tout passage au niveau d'alerte 6 qui signalerait l'existence d'une «pandémie». Elle précise ne pas avoir constaté, pour l'instant, de transmission autonome du virus A (H1N1) en Europe, à un niveau comparable à celui des États-Unis et du Mexique.

Ainsi, la vague semble passée, mais les autorités sanitaires mondiales ne souhaitent pas sauter aux conclusions et continuent de guetter les signes de propagation autonome du virus en dehors du continent américain, notamment dans l'hémisphère Sud où l'hiver tranquillement s'installe.

«Nous continuons de constater une augmentation des cas», a cependant relevé le numéro 2 de l'OMS, Keiji Fukuda, en précisant que plus de 1400 cas de grippe porcine dans le monde ont été confirmés par des tests de laboratoire.

«Nous savons qu'il y aura malheureusement [...] davantage d'hospitalisations et de décès», a indiqué pour sa part la ministre américaine de la Santé, Kathleen Sebelius.

Mais «la bonne nouvelle, c'est que le virus ne semble pas aussi virulent que nous le pensions», a-t-elle ajouté, annonçant que les écoles pouvaient désormais rouvrir à condition de garder les élèves atteints une semaine à la maison pour éviter la contagion.

Signe d'une accalmie, au Canada, l'Albertaine chez qui on avait diagnostiqué une forme grave du virus A (H1N1) serait en voie de guérison, selon le directeur de la santé publique de l'Alberta.

Au Québec, un quatrième cas a été signalé. Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc, et le directeur de la Santé publique du Québec, Alain Poirier, ont par conséquent invité la population à la vigilance et à la prudence.

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