La grippe crée des tensions entre les pays

La quarantaine aura été de courte durée pour ces Mexicains arrivés en Chine samedi. Jugeant «discriminatoires» les mesures d’isolation prises envers ses ressortissants, le Mexique a affrété un avion pour aller les chercher. On les voit ici dans
Photo: Agence France-Presse (photo) La quarantaine aura été de courte durée pour ces Mexicains arrivés en Chine samedi. Jugeant «discriminatoires» les mesures d’isolation prises envers ses ressortissants, le Mexique a affrété un avion pour aller les chercher. On les voit ici dans

Bien que l'épidémie de grippe frappe indistinctement tous les pays, ceux-ci n'ont pas tous la même manière de réagir à la crise. En matière de commerce et de libre circulation, les mesures restrictives de certains pays ne sont pas sans déplaire à d'autres.

Ainsi, les tensions persistent entre l'Union européenne, le Mexique et le Canada d'un côté, et la Russie et la Chine de l'autre. Épargnée par la maladie, la Russie, qui avait déjà interdit les importations de viande de porc de plusieurs États des États-Unis, de certaines provinces canadiennes et d'Espagne, a ajouté hier le Royaume-Uni à sa liste.

Alors que les Européens protestent contre ces mesures jugées «injustifiées», Moscou a affirmé hier qu'elle entendait les «maintenir». Pour sa part, le Canada avait déjà menacé lundi de saisir l'Organisation mondiale du commerce au sujet d'un embargo imposé par la Chine sur le porc.

Par ailleurs, la Chine a également imposé des directives rigoureuses de contrôle quant aux déplacements des individus qui sont arrivés par voie aérienne sur son territoire. Après avoir fait la découverte d'un cas de grippe A chez un voyageur mexicain arrivé à Hong Kong via Shanghai, deux groupes de Canadiens, quatre Américains et 71 Mexicains, ont été mis en quarantaine par les autorités chinoises. Jugeant ces dispositions «discriminatoires», le Mexique a affrété un vol spécial pour aller chercher en Chine tous ses ressortissants placés en quarantaine, qui sont rentrés chez eux hier soir. Îil pour oeil, dent pour dent, la Chine a elle aussi affrété un vol pour rapatrier des Chinois qui se trouvaient au Mexique en voyage d'affaires.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait savoir qu'il demanderait aux gouvernements de revenir sur leurs mesures restrictives, à moins qu'elles n'aient des fondements scientifiques clairs.

Selon le docteur David Nabarro, coordinateur de l'ONU pour la grippe, chaque pays est tenu de s'expliquer auprès de l'Organisation mondiale de la santé sur la logique sanitaire sous toute mesure restrictive. «Nous allons être très clairs: l'OMS ne recommande pas de restrictions de voyage en liaison avec cette épidémie de nouvelle grippe», a ajouté le Dr Nabarro.

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