Grippe A: le Canada franchit la barre des 100 cas confirmés

L'épidémie de grippe A/H1N1 a continué à progresser au Canada: 16 nouveaux cas ont été confirmés hier, dont 1 au Québec, faisant grimper le bilan à 101 cas. Mais, au Mexique, foyer de l'épidémie, tous les espoirs sont permis alors que la propagation de l'épidémie ralentit.

Un adulte habitant la région de la Montérégie a été infecté du virus de la grippe A, a indiqué le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier. L'individu a récemment voyagé au Mexique et récupère bien, selon la Direction de la santé publique.

Un enfant qui fréquente le Collège Charlemagne, dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, à Montréal, a été infecté par la grippe, a-t-on rapporté samedi.

Personne dans la classe de l'enfant — ni les élèves, ni l'enseignant — ne présente de symptômes, a précisé le Dr Poirier.

Le Collège Charlemagne restera ouvert. Une équipe de la Direction de la santé publique de Montréal et du Centre de santé et de services sociaux local sera sur place aujourd'hui pour répondre aux questions des parents, des enfants et des employés.

«Pour le moment, nous n'estimons pas que la fermeture des écoles soit nécessaire», a dit l'administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr David Butler-Jones. «Ce qui importe, c'est que les écoles et les garderies fassent la promotion de bonnes mesures de prévention des infections, comme le lavage des mains.»

Le décompte au Canada, troisième pays pour le nombre de cas après le Mexique et les États-Unis, est de 33 en Nouvelle-Écosse, 29 en Colombie-Britannique, 18 en Alberta, 16 en Ontario, trois au Québec, 1 au Nouveau-Brunswick et 1 au Manitoba, qui a confirmé hier son premier cas.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les derniers résultats recensaient hier près de 800 cas confirmés de grippe A dans le monde, ne prévoit pas pour l'heure modifier son estimation du risque pandémique fixé à 5 sur une échelle de 6.

Au Mexique, le nombre de malades décédés est passé de 19 à 22, tandis que le nombre de cas avérés dans le pays a augmenté de 506 à 568, selon les autorités sanitaires. Le ministre de la Santé, Jose Angel Cordova, est malgré tout convaincu que l'acmé de la maladie était passée entre le 23 et le 28 avril. Le dernier décès confirmé remonte au 29 avril dernier. Le bilan des décès attribués au virus A-H1N1 a été revu à la baisse avant le week-end, de 176 à 101, et encore, la responsabilité du virus est avérée que pour 19 d'entre eux.

Les États-Unis comptent désormais 241 cas confirmés, répartis dans 34 États.

Si les chiffres rendus publics par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta montrent que l'épidémie continue de progresser, les responsables sanitaires précisent que c'est surtout le fait d'un rattrapage statistique. Les États sont maintenant chargés de vérifier leurs chiffres après une révision des procédures fédérales, a expliqué le Dr Anne Schuchat, du CDC. «Je m'attends à un bond des chiffres dans les deux jours à venir», a-t-elle averti.

De nouveaux pays s'ajoutent cependant à la liste des cas confirmés dans le monde. Après le Costa Rica, l'Italie et l'Irlande, qui ont signalé samedi leurs premiers cas avérés, la Colombie est devenue dimanche le 19e pays touché.

À l'exception du Mexique et des États-Unis où un enfant mexicain est mort après avoir été hospitalisé au Texas, les cas sont relativement bénins. «Nous n'avons aucun indice de propagation soutenue en dehors de l'Amérique du Nord», observait le directeur du département alerte et réponse globales à l'OMS, Michael Ryan, samedi.

Prenant acte de l'infection au virus de la grippe H1N1 d'un troupeau de porcs de l'Alberta, rapportée samedi, les producteurs canadiens de porcs s'inquiètent de la réaction du marché.

Une quinzaine d'États, dont la Chine et la Russie, ont déjà interdit ou restreint l'importation de porcs ou de produits dérivés provenant des États-Unis, du Canada et du Mexique.

Environ 220 porcs d'un troupeau de 2200 têtes ont montré des symptômes de la grippe, a fait savoir le vétérinaire en chef de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, le Dr Brian Evans. Les bêtes ont contracté le virus A-H1N1 par un éleveur de retour du Mexique. Il s'agit du premier cas de transmission d'homme à animal de ce virus depuis le début de l'épidémie.

Le cheptel de l'exploitation agricole sera abattu par mesure de précaution, a-t-on annoncé hier après-midi. «Nous voulons assurer aux consommateurs qu'ils peuvent continuer à avoir confiance dans la salubrité des porcs canadiens», a déclaré le président du Conseil canadien du porc, Jurgen Preugschas.

«Les risques sont minimes étant donné les normes en vigueur», a ajouté le président de la Fédération des producteurs de porc du Québec, Jean-Guy Vincent, dans une interview au Réseau de l'information. M. Vincent dit être «un petit peu inquiet» quant à l'évolution de la situation.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi assuré, hier, que la consommation de viande de porc est absolument sans danger. «On n'attrape pas cette maladie en mangeant du porc, il n'y a donc aucune raison d'avoir peur de consommer du porc ou des produits du porc», a affirmé le Dr Peter Ben Embarek, un spécialiste de la sécurité alimentaire de l'OMS.

À Rome, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a estimé que cette transmission du nouveau virus A-H1N1 d'un homme à un élevage de porcs en Alberta était un motif de préoccupation qui démontrait la nécessité d'une surveillance accrue des élevages porcins.

Avec La Presse canadienne, Reuters et l'AFP

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