De l'espoir malgré tout

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Les cas de grippe H1N1 influenza A se multiplient dans plus d'une vingtaine de pays maintenant, et le Canada vient au troisième rang des pays les plus touchés, avec au moins 51 cas confirmés mais bénins, dont un au Québec. Malgré tout, l'espoir est permis. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un vaccin pourrait être prêt «relativement» tôt. Il faudra de deux à quatre semaines avant d'avoir une «souche reproductive» et de quatre à six mois avant que les premières doses ne soient accessibles au public.

Par ailleurs, le nouveau virus ne présenterait pas les gènes qui ont rendu la souche responsable de la grippe espagnole de 1918 si virulente et mortelle, a déclaré hier la Dre Nancy Cox, chef du département grippe des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Elle rapporte également que des recherches préliminaires laissent croire que les gens âgés de 60 ans et plus seraient dotés d'anticorps qui leur accorderaient une protection supplémentaire contre le virus de la grippe A/H1N1.

Au Canada, la Colombie-Britannique est la plus touchée parmi les provinces canadiennes, avec 15 cas confirmés, suivie de la Nouvelle-Écosse (14), de l'Ontario (12) et de l'Alberta (8). Le Nouveau-Brunswick et le Québec comptent chacun un cas.

En visite en Saskatchewan, le premier ministre Stephen Harper a reconnu qu'il y avait lieu d'être préoccupé par la propagation de la grippe A/H1N1 mais a dit avoir l'impression que le public écoutait les recommandations et réagissait de façon appropriée.

Un virus imprévisible

Prudent, l'administrateur en chef de la santé publique, le Dr David Butler-Jones, croit néanmoins qu'il est encore trop tôt pour prédire l'évolution de la maladie. Un avis partagé par le directeur national de la santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier, qui a rappelé que, comme tout virus grippal, le virus A/H1N1 a la particularité de se reproduire par milliards lorsqu'il entre dans une cellule. La virulence pourrait ainsi changer même si les cas rapportés dans l'ensemble du Canada semblent bénins jusqu'à présent.

Le gouvernement canadien a donné hier le coup d'envoi à une campagne de publicité dans les médias traditionnels ainsi que dans des sites de réseautage sur Internet, comme Facebook et Twitter, afin «de fournir aux Canadiens des conseils sur la manière d'éviter la grippe et sur ce qu'ils doivent faire s'ils ont des symptômes de la grippe», a déclaré Leona Aglukkaq, la ministre de la Santé du Canada.

En fin de journée hier, près de 600 cas de grippe A/H1N1 avaient été confirmés à l'échelle mondiale, dont environ 350 au Mexique, plus d'une centaine aux États-Unis, une trentaine en Europe et deux en Israël. Un premier cas a en outre été signalé en Asie, à Hong Kong. La Chine a d'ailleurs annoncé qu'elle suspend ses vols entre le Mexique et Shanghai.

Le directeur du centre d'épidémiologie du Mexique a pour sa part accusé l'OMS d'avoir été lente à réagir à l'apparition d'un foyer de pneumonie atypique, transformé en épidémie de grippe A/H1N1. Il précise avoir parlé de l'épidémie à l'Organisation panaméricaine de la santé (OPAS) et à son organisation mère, l'OMS, dès le 16 avril, alors que celle-ci n'a annoncé la propagation de la maladie que huit jours plus tard.

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Avec La Presse canadienne et l'Agence France-Presse

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