Alerte à la grippe porcine - Un premier cas confirmé au Québec

Une employée d’une école à Fort Worth, au Texas, désinfecte bureaux, chaises et autres meubles des classes. Les écoles de Fort Worth ont été fermées dans un effort pour freiner la progression du virus de la grippe porcine.
Photo: Agence France-Presse (photo) Une employée d’une école à Fort Worth, au Texas, désinfecte bureaux, chaises et autres meubles des classes. Les écoles de Fort Worth ont été fermées dans un effort pour freiner la progression du virus de la grippe porcine.

Des milliers d'infections potentielles, environ 300 cas confirmés dans le monde, dont au moins 34 au Canada et un premier... au Québec. Une semaine après le déclenchement de l'alerte à la grippe porcine, le virus continue de se répandre et la pandémie est toujours «imminente». Malgré tout, les autorités sanitaires mondiales en appellent au calme.

Le Québec n'y fait plus exception: le directeur national de la Santé publique, Alain Poirier, a confirmé hier le premier cas québécois de grippe rebaptisée «H1N1 influenza A» par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour éviter la confusion sur un risque lié aux porcs. Le Dr Poirier a ainsi précisé en conférence de presse que la victime, un homme de Montréal, souffrait d'«une atteinte légère». Les autorités québécoises font état de quatre autres cas suspects dans la province.

Ce nouveau cas québécois, ainsi que 14 autres nouveaux cas confirmés en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et en Nouvelle-Écosse, ont porté le bilan canadien à 34 cas. En conférence de presse hier, les responsables fédéraux de la santé publique ont répété que l'apparition de nouveaux cas d'infection était prévue et qu'il n'y avait pas lieu de paniquer.

À l'heure actuelle, l'OMS aurait recensé près de 300 cas dans le monde, mais des milliers d'autres cas suspects auraient été détectés. Pour l'instant, l'organisme ne songe pas à relever à 6 son niveau d'alerte, celui d'une pandémie. Il faudrait pour cela que le virus ait gagné tous les continents. Malgré cette progression rapide de la maladie, les ministres européens de la Santé ont refusé de suspendre tous les vols vers le Mexique, foyer présumé de l'épidémie.

Le directeur de l'Agence de santé publique du Canada, David Butler-Jones, a précisé qu'un passage au dernier niveau d'alerte, soit la pandémie, ne signifiait pas nécessairement «un plus grand risque pour les Canadiens.»

«Ça ne change pas nos plans», a déclaré pour sa part la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq. Son ministère a néanmoins décidé d'entreprendre dès aujourd'hui une grande campagne de sensibilisation pour s'assurer que tous les Canadiens sont bien informés des risques et des moyens de se protéger.

Plus de diagnostics

Au Mexique, le nombre de cas confirmés était passé hier de 26 à 99, dont sept morts, a rapporté le Dr Keiji Fukuda, responsable de la lutte contre la grippe au sein de l'OMS. Mais selon les autorités mexicaines, le bilan officiel de l'épidémie a grimpé hier à 12 morts sur

260 cas confirmés au Mexique. Le ministre mexicain de la Santé, José Angel Cordova, a expliqué que cette augmentation draconienne était due à la performance du nouveau matériel utilisé par les laboratoires.

Débordé par la propagation du virus, le Mexique avait sollicité l'aide du Canada pour tester 200 prélèvements faits sur de possibles porteurs du virus. Un avion militaire avait été envoyé à Mexico dans la nuit de mardi pour prendre possession des prélèvements afin de les ramener hier matin au laboratoire du gouvernement canadien, à Winnipeg. Le Dr Frank Plummer, directeur scientifique du laboratoire national de microbiologie, a révélé que la moitié des échantillons s'étaient avérés positifs.

Mais le Mexique semble avoir réussi à rendre ses laboratoires plus performants, ce qui réjouit le Dr Butler-Jones. «C'est une bonne chose. On a travaillé très fort pour que le Mexique soit plus rapide», a-t-il dit.

Le président Felipe Calderon a recommandé aux Mexicains de rester chez eux pour le congé férié à l'occasion de la Fête du travail, le 1er mai. Il a aussi déclaré que les services publics «non essentiels» seront suspendues jusqu'au 5 mai. Déjà, il était connu que les bars, restaurants et principaux endroit publics allaient également être fermés jusqu'à cette date, et les établissement scolaires, jusqu'au 6 mai.

Au total, 131 cas de nouvelle grippe «mexicaine» ont été confirmés aux États-Unis, dont un mortel, 13 cas en Espagne, huit en Grande-Bretagne, trois en Allemagne, trois en Nouvelle-Zélande, deux en Israël, un en Autriche, un en Suisse et un aux Pays-Bas. En France, il existe actuellement cinq «cas probables».

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Avec la collaboration d'Alec Castonguay, de la Presse canadienne et de l'Agence France-presse

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