La CSN réclame l'arrêt du transfert de chirurgies vers le privé

Alors que l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal va bon train vers une entente avec une clinique privée pour y transférer une partie de ses chirurgies d'un jour, la CSN a exhorté le ministre de la Santé, Yves Bolduc, à mettre un frein à ce processus.

Les appels d'offres se sont terminés hier, et l'hôpital souhaite pouvoir faire son choix pour le mois de mai. L'entente de cinq ans permettra à l'hôpital de déléguer à une clinique médicale spécialisée certaines chirurgies d'un jour, notamment celle de la cataracte, que l'établissement ne peut réaliser faute de personnel pour faire fonctionner les salles.

«On sait qu'il y a 1000 chirurgies par année qu'on devrait faire et qu'on ne fait pas», a dit Josée-Michelle Simard, porte-parole de l'hôpital du Sacré-Coeur. «Les entrées à l'urgence augmentent constamment», dit-elle en parlant d'une augmentation de 2000 entrées par année.

Argument injustifié

Pour la CSN, cet argument ne justifie pas le recours au privé. Selon les données de la centrale, le manque de ressources humaines ne compte que pour 4 % de toutes les annulations chirurgicales pour les dix premières périodes de 2008-09. C'est une question d'organisation, soutient Francine Lévesque, présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, qui représente quelque 3200 employés de l'hôpital du Sacré-Coeur.

Un comité se penche actuellement sur des solutions pour permettre une optimisation des ressources et une meilleure utilisation des salles d'opération. «Mais pendant ce temps, on donne contrat à long terme au privé. Ça vient discréditer les travaux qui se font», croit-elle.

La CSN souhaite que le ministre Bolduc fasse volte-face et rejette ce projet d'entente avec une clinique privée, comme il l'a fait récemment pour deux autres projets de cliniques privées d'ophtalmologie, à Saint-Jérôme et au CHUM.

L'hôpital du Sacré-Coeur a déjà une entente depuis 2007 avec la clinique Rockland MD, où 1000 chirurgies ont été réalisées en 2008-09. La nouvelle entente de cinq ans que souhaite signer la direction de l'établissement pourrait, à terme, ne pas être reconduite si elle ne s'avère plus nécessaire. «Mais tant qu'on n'est pas capables de répondre à la demande, on en a besoin», a précisé Mme Simard.

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