Rapport du commissaire à la santé - Soins de première ligne: Québec a encore beaucoup à faire

En matière de soins de première ligne, Québec doit refaire certains de ses devoirs. Les dix recommandations du rapport d'appréciation de la performance du système québécois de santé déposé hier par le commissaire à la santé et au bien-être en témoignent et confirment ce que beaucoup d'intervenants du milieu de la santé croyaient déjà. «On est à la croisée des chemins. Plusieurs de ces recommandations avaient déjà été faites par différentes commissions et reprises par différents experts et décideurs ces dernières années. [...] Mais on en vient à un point où le système a de plus en plus de mal à "performer"», a indiqué le commissaire Robert Salois. «C'est maintenant le temps de passer à l'action.»

Il précise toutefois qu'en le comparant à celui du Canada, le système de santé québécois se situe dans la moyenne. «Si on regarde les cinq dernières années, c'est au Québec qu'on a la plus grande amélioration», a-t-il ajouté.

Parmi les dix recommandations du rapport qui portent sur l'organisation des soins, les pratiques cliniques et leur gestion, les prestations de services et le financement, le commissaire suggère de continuer l'implantation de groupes de médecine familiale (GMF). Il y aurait à l'heure actuelle un peu plus de 180 GMF et 25 % d'inscrits. Or, le rapport constate que «l'objectif ministériel d'implanter 300 GMF et d'atteindre 70 % de la population ne sera vraisemblablement pas atteint».

Selon Jean-Frédéric Lévesque, l'adjoint du commissaire, cette recommandation va de pair avec celle de soutenir l'implantation du dossier médical informatisé et du dossier santé. D'après l'Association médicale du Québec, si l'introduction de ces nouvelles technologies permettait de dégager ne serait-ce que 20 % du temps des médecins, l'île de Montréal bénéficierait de l'équivalent de 250 médecins de famille travaillant à temps plein.

Le rapport souligne également la nécessité de réaligner le mode de rémunération des médecins, ce qui réjouit le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. «À condition que la rémunération soit concurrentielle», a insisté le Dr Louis Godin.

Satisfaite de l'ensemble des recommandations, la présidente de l'Association des établissements de santé et de services sociaux, Lise Denis, insiste sur les besoins de formation et le recrutement de médecins de famille. «J'ose espérer que le 17 avril soit l'occasion de passer à l'action», a-t-elle dit en faisant allusion à la table de concertation sur l'accès aux médecins de famille et aux services de première ligne, à laquelle le gouvernement a convié plusieurs acteurs du milieu de la santé.

Les prochains rapports du commissaire à la santé et au bien-être porteront sur les maladies chroniques, la périnatalité et la petite enfance.

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