Pétition contre le délai de carence imposé aux immigrants

Le député de Mercier, Amir Khadir, a déposé hier à l'Assemblée nationale une pétition de 1100 signataires demandant l'abolition du délai de carence, ces trois mois durant lesquels les nouveaux arrivants ne sont pas couverts par le Régime d'assurance-maladie du Québec.

Il agissait ainsi à la demande de la Coalition santé pour toutes et tous, dont les membres se sont donné rendez-vous devant les bureaux montréalais du ministre de la santé, Yves Bolduc, à l'occasion de la Journée mondiale de la santé. La Coalition est d'avis que ce délai de carence met des vies en danger en rendant les services de santé inaccessibles à plus de 60 000 personnes chaque année.

Ce délai «condamne toute loi ou tout règlement qui divise les femmes et les enfants, qui donne à certains accès au système public de santé et nie cet accès à d'autres, sur une base qui s'apparente au mérite», a estimé Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Même si le gouvernement estime avoir été clair sur la question, beaucoup d'immigrants n'ont pas d'assurance privée au moment de leur arrivée et doivent payer le gros prix en cas d'hospitalisation.

Le gouvernement entend d'ailleurs maintenir le délai de carence. «Au départ, il avait été instauré par souci d'équité avec les provinces voisines qui l'avaient adopté. Et c'était pour éviter que des immigrants viennent se faire soigner ici avant d'aller s'installer dans une autre province», a indiqué Marie-Ève Bédard, l'attachée de presse du ministre de la Santé.

La Coalition a récemment déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne pour discrimination et atteinte à la sécurité. Celle-ci avait déjà entrepris une enquête après avoir été informée que ce délai de carence constituait un problème pour de nombreuses aides familiales.

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