Infirmières - Lina Bonamie quitte la présidence de la Fédération interprofessionnelle de la santé

Lina Bonamie veut maintenant profiter de ce qu’elle appelle sa «liberté 55».
Photo: Lina Bonamie veut maintenant profiter de ce qu’elle appelle sa «liberté 55».

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, l'ancienne Fédération des infirmières (FIQ), Lina Bonamie, quitte son poste.

Infirmière pendant 16 ans en salle d'urgence et aux soins intensifs, présidente de son syndicat local à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, Mme Bonamie a gravi les échelons du mouvement syndical infirmier. Elle veut maintenant profiter de ce qu'elle appelle sa «liberté 55».

Elle partira officiellement le 3 juin, après quatre années à la présidence de la FIQ et 17 années à l'exécutif.

En entrevue à La Presse canadienne, la dirigeante syndicale, reconnue pour sa défense des services publics, n'a pas fermé la porte à la politique... mais pas avant d'avoir pu profiter un peu de la vie.

«Il ne faut jamais dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau", mais, pour l'instant, ça ne fait vraiment pas partie de ma planification de retraite», a lancé Mme Bonamie, qui rêve plutôt de ses romans, de ses randonnées, de refaire de la course et de revoir ses amis.

«Si jamais un jour je répondais à cet appel-là [la politique], c'est un parti qu'on peut qualifier de centre gauche et de gauche» qui l'intéresserait.

Québec solidaire? «Probablement». Le Parti québécois? «Ça pourrait aussi être le Parti québécois, à la rigueur, si on revient un petit plus vers la gauche au parti.» Mais «ce n'est pas dans un avenir rapproché», s'empresse-t-elle d'ajouter. Entre-temps, le bénévolat l'intéresse aussi, une forme d'«implication sociale», peut-être dans la santé.

Nouvelle série de négociations

Si elle part maintenant, c'est justement parce qu'une nouvelle série de négociations dans le secteur public s'amorce. «C'était important pour moi que la prochaine présidence soit en place avant que tout le processus de négociation s'enclenche», justifie-t-elle.

Le meilleur coup de son mandat, c'est le front commun du secteur public et parapublic qui est en train de prendre forme cette année, dit-elle. «Ce qu'on est en train de monter, ça ne s'est jamais vu au Québec encore. Ce sont les 500 000 salariés de l'État qui vont être ensemble. Si ce front commun voit le jour, ça sera un moment historique. Le Québec n'aura jamais connu un front commun comme il est en train de s'en monter un. Alors, c'est sûr que ça aurait été tentant d'être à la barre aussi», lance-t-elle, enthousiaste.

Ce front commun réunirait non seulement les trois centrales, mais aussi des syndicats indépendants comme la Fédération interprofessionnelle de la santé, qui compte maintenant 57 000 membres.

Pénurie et privatisation

Pour le présent et l'avenir, deux combats lui sont très chers: la pénurie d'infirmières et la privatisation de la santé.

Résoudre la pénurie passe non seulement par la relève, mais aussi par la rétention des infirmières qui ont commencé à pratiquer. «Il est vrai que les inscriptions sont au maximum» dans les programmes de sciences infirmières, mais il faut aussi savoir retenir celles qui veulent partir après quelques années, découragées par la surcharge de travail, les heures supplémentaires obligatoires et les conditions de travail.

Pour Mme Bonamie, la solution passe par la réorganisation du travail. «Il va falloir qu'on modifie les rôles. Il y a encore des infirmières qui répondent au téléphone et qui donnent des bains, alors qu'elles pourraient se consacrer aux soins infirmiers.»

La privatisation de la santé la préoccupe encore. «On a un très bon réseau public. On a des problèmes d'accès, oui, mais le régime public reste le meilleur. On ne lâchera pas», dit-elle.

Il y aura élection à la présidence de la FIQ, puisque deux candidats ont déjà fait connaître leur intérêt: Daniel Gilbert et Régine Laurent.

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