Le Québec devrait se doter d'un hélicoptère-ambulance

En plus de soulever des questions sur l'accessibilité et la rapidité des soins offerts aux patients, le décès de l'actrice Natasha Richardson a révélé les limites du système de santé québécois, croit un ancien responsable de l'unité de traumatologie de l'Hôpital général de Montréal. S'il veut sauver plus de vies, le Québec aurait intérêt à se doter d'un hélicoptère-ambulance.

Si le Québec avait eu un service aérien d'urgence pour les cas survenant dans un rayon de 250 km et moins, la mort de Natasha Richardson aurait-elle pu être évitée? Possiblement, croit le Dr Michael Churchill-Smith, interniste et ancien chef de l'urgence à l'Hôpital général de Montréal. Selon lui, près de 1000 patients dans un rayon de 250 km et moins de Montréal et Québec pourraient être traités plus rapidement avec un hélicoptère-ambulance.

Dans le cas de l'actrice américaine, les délais ont été beaucoup trop longs, affirme le Dr Churchill-Smith. Bien sûr, Mme Richardson n'a pas ressenti le besoin d'aller à l'hôpital immédiatement après l'accident, ce qui a retardé sa prise en charge. Cela n'empêche pas le spécialiste de dénoncer les lacunes du système dans le transport des patients.

Avec un hélicoptère plutôt qu'en ambulance, l'actrice aurait pu être transférée plus rapidement à l'hôpital du Sacré-Coeur depuis le Centre hospitalier de Sainte-Agathe, croit-il. «Une distance de 100 km, ça aurait pris 20 minutes aller et retour. Mme Richardson aurait pu être dans la salle d'opération en moins d'une heure», note-t-il.

À l'hôpital du Sacré-Coeur, l'un des centres hospitaliers désignés pour les soins en traumatologie, des 827 patients présentant des traumas sévères l'an dernier, un peu moins de la moitié étaient des patients qui avaient été transférés.

L'hélicoptère, une panacée?

Alors qu'il était chef d'urgence dans les années 1990, le Dr Churchill-Smith a intercédé à plusieurs reprises auprès du gouvernement pour qu'il se munisse d'un hélicoptère d'urgence, comme c'est le cas aux États-Unis. En 1994, une étude actuarielle qu'il avait commandée à la firme Sobeco Ernst & Young avait révélé que l'acquisition d'un tel engin, qui coûterait environ cinq millions et deux millions annuellement pour l'opérer, ferait économiser beaucoup d'argent au gouvernement.

Trop de données sont inconnues pour qu'il soit possible de chiffrer avec exactitude les coûts qu'économiserait le système de santé. Mais le rapport rapportait une économie annuelle de 2,5 millions pour la Société d'assurance automobile du Québec si les victimes d'accidents de voiture, chez qui les traumatismes sont les plus fréquents, étaient soignées plus rapidement.

Le Québec dépense 22 millions par année pour l'opération de ses avions-hôpitaux (deux Challenger et un Dashj) et les budgets ont été approuvés pour deux nouveaux avions-ambulances, a indiqué le directeur adjoint des services hospitaliers d'urgence, André Lizotte. Mais ils ne sont utilisés que dans un rayon de plus de 250 kilomètres et peuvent atterrir près des hôpitaux. Il a confirmé que le volet du transport héliporté faisait actuellement l'objet d'une analyse et que s'il y avait lieu, des recommandations seraient faites au ministère de la Santé.

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