En pleine crise, il faut sauver l'essentiel

Qualifiées de «missions essentielles de l'État», la Santé et l'Éducation sont pratiquement les seuls postes budgétaires qui augmentent véritablement. En santé, c'est l'impact du vieillissement qu'il veut juguler alors qu'en éducation, c'est encore et toujours le décrochage qu'il souhaite combattre.

Québec — Alors que les budgets des autres ministères seront pratiquement gelés, Québec augmentera ses dépenses en santé et en éducation. «Nous ne ferons pas comme d'autres avant nous qui ont sabré ces budgets [santé et éducation] devant la première difficulté», a déclaré Monique Jérôme-Forget en évoquant les gouvernements du Parti québécois. Ainsi, les budgets de la santé augmenteront de 5,7 %. «C'est une augmentation de 1,5 milliard qui permettra entre autres de poursuivre les efforts afin d'améliorer l'accès aux services et aux soins de santé», a déclaré la ministre.

Selon elle, ces dépenses permettront de faire face à «l'augmentation des besoins» induite par le vieillissement de la population. La santé demeure donc une priorité pour le gouvernement, même si l'emploi est maintenant en tête de liste.

Avec les dépenses supplémentaires, l'implantation des groupes de médecine familiale se poursuivra. «Nous pourrons également répondre à différentes problématiques sociales, comme les jeunes en difficulté, les troubles de comportement et la violence conjugale», a déclaré la ministre.

Éducation

La ministre a aussi souligné qu'en matière d'éducation, les budgets augmentaient de 3,5 %, ce qui représente une somme de 490 millions de dollars. Fortement critiqué récemment pour n'avoir pas réussi à stopper la hausse du décrochage scolaire, le gouvernement Charest a tenu à mettre ce dossier en relief dans le budget. Mme Jérôme-Forget a annoncé hier que sa collègue Michelle Courchesne «proposera prochainement une nouvelle approche adaptée à chaque région du Québec afin de mobiliser le milieu scolaire et la communauté pour encourager nos jeunes à demeurer à l'école».

Le gouvernement entend consacrer des sommes à la réduction de la taille des groupes au primaire et au secondaire. «Ainsi, dès la prochaine rentrée scolaire, la taille des groupes sera réduite de 20 % en 3e et 4e années du primaire en milieux défavorisés, et de 10 % en 3e année du primaire dans tous les autres milieux», a promis Mme Jérôme-Forget.

Les sommes supplémentaires iront aussi à la formation de la main-d'oeuvre. «Des passerelles seront mises en place afin de permettre une entrée plus rapide en formation professionnelle à des personnes qui perdent leur emploi», a-t-elle précisé.

Pour le Parti québécois, c'est trop peu. Selon le critique péquiste en matière de finances, François Legault, le gouvernement «rate sa cible». Il estime qu'un investissement majeur en éducation est nécessaire, «notamment pour lutter efficacement contre le décrochage scolaire, pour la formation de la main-d'oeuvre et pour améliorer la compétitivité de nos cégeps et de nos universités. Or, tout ce que le gouvernement fait, c'est un copier-coller du dernier budget», a-t-il soutenu.

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