Une coalition réclame l'abandon des mesures de contrôle dans les institutions

Plus de 250 organismes souhaitent l'abandon systématique du recours aux mesures de contrôle comme l'isolement forcé, la contention et l'utilisation de substances chimiques. Forts d'une pétition de plus de 1000 signatures, ces organismes comptent présenter ces appuis au ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour lui enjoindre de développer prioritairement de nouvelles stratégies.

«On ne demande pas au ministre de faire arrêter toute mesure de contrôle demain matin. Ça peut être progressif, mais on veut qu'il démontre la volonté d'aller vers l'élimination», a indiqué Doris Provencher, directrice générale de l'Association des groupes d'intervention en défense des droits en santé mentale du Québec. Elle souligne le danger de telles mesures de contrôle. «Une personne atteinte d'une maladie mentale qui voit quatre personnes se ruer sur elle pour la calmer peut se débattre. Elle est sujette aux fractures», a-t-elle fait remarquer en soulignant que le danger vise également le personnel des établissements.

Selon Mme Provencher, le bureau du coroner répertorie environ trois décès par année liés à ces mesures de contention. Elle cite, entre autres, le cas de Justin Scott St-Aubin, qui est décédé en novembre 2007 d'une arythmie cardiaque à la suite de manoeuvres de contention à l'établissement de détention de Rivière-des-Prairies.

Des mesures «exceptionnelles»

Datant de 1998, la Loi sur les services de santé et les services sociaux stipule qu'une mesure de contention peut être utilisée «pour empêcher une personne de s'infliger ou d'infliger à autrui des lésions», mais de façon «minimale et exceptionnelle».

En 2002, le gouvernement s'était doté d'orientations et d'un plan d'action afin de mieux encadrer le recours à ces mesures de contrôle. Au cabinet du ministre, on affirme qu'il serait très difficile d'envisager d'éradiquer complètement ces mesures. «Le ministre est d'accord pour que les mesures de contrôle soient utilisées le moins possible, toutefois une élimination apparaît difficile car il y a une nature imprévisible dans l'évolution clinique d'un cas», a dit Marie-Ève Bédard, l'attachée de presse du ministre Bolduc.

Doris Provencher estime néanmoins qu'il y a moyen de développer des mesures alternatives. Le Centre gériatrique Maimonides de Montréal a de moins en moins recours aux mesures de contention. «On y a baissé les lits au maximum et on a mis des matelas mousse par terre pour minimiser les risques de blessures en cas de chute», a noté Mme Provencher.

En plus de souhaiter l'organisation d'un colloque sur le sujet, la coalition d'organismes demande que dans chaque établissement il y ait une personne responsable des mesures de contrôle.

Avec La Presse canadienne