La dépression frappe plus souvent les pauvres que les riches

Même si les Canadiens issus de milieux défavorisés sont plus susceptibles d'être hospitalisés pour une dépression que les riches, il n'existerait pas de différence significative quant à la durée du séjour à l'hôpital ou la réhospitalisation, révèle un rapport publié par l'Institut canadien d'information sur la santé.

Analysant des données de 2004-05 dans 13 villes canadiennes chez des personnes âgées de 15 à 64 ans, l'étude conclut ainsi que la moyenne des hospitalisations pour dépression est, peu importe le revenu, de 16 jours en moyenne et qu'à peine 7 % des personnes hospitalisées vont devoir revenir à l'hôpital dans les 30 jours suivants leur premier congé.

Le chercheur de l'Institut Douglas en santé mentale et spécialiste en épidémiologie sociale Jean Caron s'est dit étonné de ces conclusions. «Je croyais qu'il y aurait eu plus de réadmissions à l'hôpital chez les personnes vivant en milieu défavorisé», a-t-il indiqué.

Jugeant ces données surprenantes mais encourageantes, M. Caron constate que la prise en charge par la communauté après une admission à l'hôpital et le soutien social doivent être équivalents en milieu riche et en milieu pauvre, «même s'il y a plein d'évidences qu'ils sont généralement inférieurs chez les populations défavorisées», a-t-il noté. Un autre fait très connu que l'étude est venue corroborer: les moins nantis sont deux fois plus susceptibles d'être hospitalisés pour une dépression. «Les personnes de milieux défavorisés ont moins de ressources et de soutien. Avant d'aller chercher de l'aide, elles vont attendre plus longtemps, jusqu'à avoir des symptômes aigus qui mènent à une hospitalisation», a expliqué M. Caron.

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