Semaine de prévention du suicide - Le suicide des personnes âgées mériterait plus d'attention de Québec

À l'occasion du lancement de la 19e Semaine de prévention du suicide, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) demande à la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de donner le coup d'envoi d'une vaste campagne gouvernementale de sensibilisation — comme celles menées récemment par la Société d'assurance automobile du Québec et la Commission de la santé et de la sécurité du travail — afin que les Québécois saisissent toute l'ampleur de la problématique du suicide chez les personnes âgées de 50 ans ou plus.

Parmi les personnes qui se suicident, près de quatre personnes sur dix sont âgées de 50 ans ou plus, martèle l'AQRP. Des 1136 personnes qui ont mis fin à leurs jours en 2006, 453 personnes avaient 50 ans ou plus. «Il y a un mythe qui perdure. C'est de croire que le suicide, c'est moins grave chez les gens âgés que chez les plus jeunes, a dit le directeur général de l'AQRP, Luc Vallerand. Ça prendrait une campagne d'envergure avec beaucoup d'intensité dans l'espace médiatique pour rejoindre le plus grand nombre de personnes possible. Il y a déjà eu des campagnes sur les décès par suicide dans les milieux scolaire et de travail, mais jamais en ciblant spécifiquement les 50 ans et plus.» L'AQRP souhaite que non seulement le ministère de la Famille et des Aînés prenne le problème du suicide des personnes de 50 ans ou plus à bras-le-corps, mais aussi l'ensemble du gouvernement du Québec.

«Ce n'est pas seulement une campagne télévisuelle, radiophonique et dans les journaux qui va changer les choses, a affirmé hier au Devoir la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais. C'est une multitude de gestes que l'on doit poser pour contrer les abus, et nous prenons bonne note de ce que l'AQRP nous demande.» Marguerite Blais assure que des mesures de prévention du suicide des personnes âgées seront notamment incluses dans le Plan d'action pour contrer la maltraitance envers les aînés. Rédigé par huit ministères, le plan d'action sera déposé l'automne prochain.

Mme Blais a rappelé que son ministère a signé une entente de 400 000 $ avec l'AQRP pour l'essai d'un programme de prévention du suicide chez les personnes âgées et les baby-boomers, et une autre de 300 000 $ avec la Fondation des maladies mentales pour un nouveau programme de prévention de la dépression chez les aînés et les proches aidants.

Augmentation importante

Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, une augmentation de plus de 85 % du nombre de suicides a été observée entre 1977 et 1997. La proportion de personnes de 50 ans ou plus qui ont mis fin à leurs jours est pour sa part passée de 27 % en 1999 à 40 % en 2006, selon l'Institut national de santé publique du Québec. Ce nombre sera par ailleurs deux fois et demie supérieur d'ici 35 ans, craint le Centre de recherche sur le vieillissement des Universités de Sherbrooke et de Montréal, notamment parce que le poids démographique des baby-boomers ne cessera d'ici là d'augmenter. «C'est un groupe d'âge où le pourcentage des personnes qui décèdent par suicide n'a pas baissé depuis les dernières années, contrairement à tous les autres groupes d'âge», a affirmé la présidente de l'AQRP, Madelaine Michaud.

Le suicide emporte environ huit hommes pour une femme. Quelque 60 % à 80 % de ces hommes souffraient de problèmes de dépression. «Ils consultent moins. Ils ont un réseau social plus limité et ils demandent moins d'aide que les femmes et les plus jeunes», a indiqué M. Vallerand.
2 commentaires
  • Dominic Pageau - Inscrit 2 février 2009 03 h 42

    Est-ce que c'est un effet pervers de la popularisation du suicide assisté?

    Le discours sur le suicide assisté veut que quand on dépérie, on devient indigne et que pour rester digne, mieux vaut en finir.

    L'homme est souverain, il doit tout contrôler, même sa mort.

    On ne se rend pas compte de l'impact que pareille idée peut avoir, c'est bien beau choisir quand et comment on va mourir..... Mais peu importe la façon qu'on va procéder, si on légifère sur ça, il va y avoir un impact social. Avec le coût social qu'a le vieillissement de la population, le fait que les vieux sont souvent isolés, est-ce qu'on serait pas en train un peu des pousser vers le suicide assisté ou pas ?


    C'est absolument hors sujet, mais néanmoins reliés. Quel homme, et souvent même quel femme, n'aime pas voir une belle personne avec des ficelles comme vêtements, en vrai, à la télé, dans les magazines. Plusieurs valorisent ça au maximum. Mais ce monde, les enfants vivent dedans. On ne peut pas érigé une barrière entre le monde qu'on désire et celui qu'on veut pour nos enfants. Tout comme on ne peut, en tant qu'adulte bien portant juger de ce qu'on désirerait si on devenait impotent, sénile, malade chronique, alzheimer, cancéreux, etc. La grande majorité des gens, plus de 80% qui dépérissent rapidement, ne veulent qu'une chose, vivre ! Il faut prendre garde à ce que l'on souhaite, car on risque de l'obtenir.

  • Yvon Bureau - Abonné 2 février 2009 20 h 31

    Les aînés et le suicide

    Lettre ouverte/Québec le 1e février 2009

    Diminuer le nombre des suicides chez les aînés

    C'est la semaine de la prévention du suicide. Au Québec, comment ne pas espérer voir diminuer drastiquement le nombre de personnes âgées et très âgées qui se suicident pour terminer leur vie ? Il y a beaucoup d'espoir, en autant qu'on ose passer à l'action.

    Plus les finissants de la vie seront convaincus qu'ils pourront se laisser mourir en paix s'ils le veulent, moins ils se suicideront.

    Plus ils sauront qu'ils pourront refuser et renoncer lucidement et librement aux traitements de fin de vie, moins ils se suicideront.

    Plus ils auront les moyens pour refuser la réanimation cardio-pulmonaire, moins ils se suicideront.

    Plus ils seront certains d'éviter les urgences des hôpitaux et d'entrer directement dans des lits de fin de vie, moins ils se suicideront.

    Plus on leur promettra qu'ils ne souffriront pas, qu'ils garderont leur dignité et leur personnalité, qu'ils demeureront libres jusqu'à la fin, moins ils se suicideront.

    Plus la promesse d'une aide médicale active sera possible et disponible en fin irréversible de la vie, moins les aînés se suicideront.

    Plus les soins de fin de vie dits aussi palliatifs baigneront davantage dans la dignité, dans la compassion et dans le libre-choix, moins les terminants de la vie se suicideront

    Plus, au bout de leur corps, de leur âme et de leur vie, les finissants de la vie se sentiront acceptés dans leur choix de terminer leur vie, moins ils se suicideront.

    Plus vite les Communes décriminaliseront l'aide médicale à mourir ou le mourir médicalement assisté, moins nos aînés et nos très aînés opteront pour le suicide pour terminer leur vie.

    Plus notre MSSS s'ouvrira à l'idée de voir des médecins inclure l'aide médicale à mourir dans leurs soins de fin de vie, comme en Hollande, en Belgique et dans l'État de l'Oregon, plus ces médecins feront diminuer le nombre des suicides chez nos aînés.

    Pour le bien des aînés et pour le bien de tous !

    Yvon Bureau, travailleur social
    Consultant pour un mourir digne et libre
    10150, rue de Bretagne Québec (Québec) G2B 2R1
    418 843 8807 ybbureau@videotron.ca