Audiothèque - Une fenêtre ouverte sur le monde

Les services offerts par l’Au-diothèque sont multiples.
Photo: Les services offerts par l’Au-diothèque sont multiples.

On ne se trompe pas en affirmant que l'Audiothèque est un service essentiel pour toute personne ayant un handicap visuel. Découverte d'un instrument qui favorise l'intégration sociale sur une base quotidienne.

L'Audiothèque, un organisme à but non lucratif, a pour mission depuis 25 ans de rendre l'information écrite accessible aux personnes handicapées ne pouvant accéder au monde de l'écrit. Grâce à ses différents services offerts par l'entremise du seul téléphone, cet organisme, basé à Québec, vise à sortir de l'isolement des centaines de personnes pour qui la lecture des journaux, des revues, des circulaires, des brochures du gouvernement ou de toute autre information écrite est difficile, voire impossible.

«Et, depuis le printemps dernier, nous offrons un numéro 800, ce qui nous permet d'offrir nos services à l'ensemble de la population québécoise. Auparavant, on desservait principalement les régions de Montréal et de Québec», annonce fièrement le directeur général de l'Audiothèque, Pierre Schram. Concrètement, le numéro gratuit dont il parle est le 1-877-393-0103. Pour les gens de Montréal, il faut faire le 514-393-0103, et pour les gens de Québec, il faut appeler au 418-627-8882. Notons également que les services sont disponibles tous les jours de l'année, et ce, 24 heures sur 24. Top service, quoi!

Qui plus est, tout est gratuit. Sauf que... «On demande cependant une contribution à ceux qui sont prêts à la faire. Tout cela demeure volontaire, bien sûr», note M. Schram. Maintenant, les plus récents chiffres démontrent que, pour l'année 2007-2008, l'Audiothèque comptait 460 usagers, dont 47,1 % à Québec et 41,3 % à Montréal. L'Audiothèque emploie cinq personnes à temps plein et une à temps partiel. Se joignent à cette équipe quelque 80 bénévoles qui ont offert plus de 4600 heures de leur temps pour la lecture et l'enregistrement des textes et d'autres informations.

Toujours en 2007-2008, on a recensé 45 764 utilisations de services, dont 12 782 pour les périodiques (Châtelaine, Québec Science, Guide Ressources, 7 jours, etc.), 7547 pour l'audiojournal (contenant les principaux journaux de la province), 5812 pour les circulaires et 177 demandes d'aide à la lecture.

Une clientèle en hausse

Qu'en est-il de la clientèle desservie? «Je vous dirais, note M. Schram, que traditionnellement on desservait uniquement des personnes handicapées visuelles, mais avec le temps on s'est rendu compte qu'il y avait d'autres citoyens qui avaient des limitations visuelles et qui n'étaient pas reconnus dans nos réseaux.»

Nicoléa Tremblay, responsable du développement et de l'information, reprend la balle au bond. «En fait, j'ajouterais qu'on dessert toute personne qui a une difficulté ou une incapacité à la lecture. Donc, une personne qui a un problème de motricité ou encore qui a été victime d'un accident dont les conséquences l'empêchent de lire. Ce peut être aussi une personne qui est atteinte de sclérose en plaques ou de la maladie de Parkinson, donc qui n'arrive pas à tenir un livre. Vous voyez, ça touche des gens aux prises avec des problèmes sensorimoteurs.»

Si pour l'instant l'Audiothèque dessert quelques centaines de personnes, note Pierre Schram, un plan d'action est en marche pour atteindre une plus vaste clientèle. «Notre service est actuellement en croissance et en plein développement. On pourrait rejoindre un plus grand nombre de personnes si on tient compte des différentes pathologies et autres pertes visuelles. On sait que, en ce sens, la clientèle "reconnue" se compte en dizaines de milliers. On pourrait ainsi rejoindre environ 3000 personnes à terme», prévoit-il.

Services multiples

Les services offerts par l'Audiothèque sont multiples. Ils se déploient par l'entremise de serveurs vocaux téléphoniques, et seuls les clients dûment inscrits auprès de l'organisme y ont accès. «Une fois que vous avez appelé, vous suivez les indications par l'entremise des menus. Par exemple, telle touche correspond à tel article, et ainsi de suite. Tout se fait par téléphone», précise M. Schram.

D'ailleurs, un nouveau service vient d'être mis à la disposition de la clientèle, poursuit de son côté Nicoléa Tremblay. Ce service, dit-elle, s'appelle «Aide ressource-vision». C'est-à-dire? «Il offre une gamme de services. Par exemple, il donne accès à des sujets qui touchent le domaine de la vision, à des articles qui portent sur des colloques ou qui font état de la situation des personnes handicapées visuelles. Ce peut être aussi des articles fouillés à caractère scientifique.»

Il y a également l'audiocourrier, dit-elle, qui permet à la clientèle «de faire part de ses préoccupations et de ses inquiétudes qui sont en lien avec la perte de la vision. Il y a de plus la section des trucs et astuces, qui offre aux gens différentes informations pour qu'ils puissent demeurer fonctionnels dans la société sur une base quotidienne.» Toutefois, Mme Tremblay tient à préciser «qu'on n'est pas là pour remplacer les programmes de réadaptation».

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Collaborateur du Devoir

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