L'hormonothérapie réhabilitée

L'hormonothérapie prescrite aux femmes ménopausées n'est pas aussi néfaste qu'on l'a décrite ces dernières années. C'est même un traitement fortement recommandé et sécuritaire pour soulager les femmes des symptômes de la ménopause qui les handicapent.

La publication en 2002 d'une vaste étude de la Women's Health Initiative (WHI) mettait en évidence un accroissement du risque de cancer du sein, de maladies cardiovasculaires (MCV) et d'accidents cérébrovasculaires (ACV) par l'hormonothérapie (HT), qui était censée apporter une protection contre les maladies cardiaques. Une nouvelle analyse par tranches d'âge de cette étude ainsi que la compilation de données cliniques plus récentes ont conduit quatre membres de la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada (SOGC) à réviser leurs recommandations, lesquelles réhabilitent l'usage de cette médication comme traitement de choix au cours des premières années de la ménopause pour les femmes aux prises avec un ensemble de symptômes difficilement supportables, incluant des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes entraînant de l'insomnie, une grande fatigue, des sautes d'humeur, une sécheresse vaginale et une atrophie urovaginale rendant les rapports sexuels douloureux.

Les spécialistes recommandent toutefois l'abandon de l'HT dès que ces symptômes auront disparu. S'ils persistent au-delà des quatre à cinq premières années, l'HT demeurera une option thérapeutique acceptable même si le risque de cancer du sein s'accroît à partir de ce moment-là, a précisé le professeur de l'Université Laval, le Dr Michel Fortier, qui a participé à cette mise à jour clinique. «Car ce risque est minime puisqu'il se traduit en chiffres par une hausse de 8 cas additionnels par 10 000 femmes par année. Il est équivalent à celui que courent les femmes qui consomment fréquemment de l'alcool, qui ne font pas d'exercice quotidiennement et qui sont obèses.»

En conférence de presse, les spécialistes ont également spécifié que l'HT augmente le risque d'ACV, mais uniquement à partir de 70 ans, ainsi que celui de thrombophlébite (caillot de sang dans les veines). «Les anovulants comportent les mêmes risques d'ACV et de phlébites. Pourtant, la plupart des femmes acceptent d'en prendre», fait remarquer le Dr Fortier, qui ajoute que «chez les femmes qui connaissent une ménopause prématurée, la prise d'hormones de remplacement jusqu'à l'âge habituel de la ménopause (vers 51 ans) semble prévenir les atteintes athéromateuses dans les artères coronaires». Il a aussi été confirmé que l'HT augmente la densité osseuse, et par le fait même protège contre l'ostéoporose, et qu'elle réduit le risque de cancer du côlon dans une proportion de six cas par 10 000 femmes par année.

Le Dr Fortier a aussi indiqué que les femmes ménopausées que la sécheresse vaginale gêne dans leur vie sexuelle peuvent opter pour un traitement hormonal local, qui ne sera pas absorbé par la circulation sanguine générale.

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