Accidents vasculaires cérébraux - Choisir le bon hôpital, pas le plus près

Les ambulances devraient emmener une victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) dans l'hôpital le mieux équipé pour le soigner même s'il est plus loin plutôt qu'à l'établissement le plus près. Voilà l'une des nombreuses nouvelles recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l'AVC 2008 publiées mardi dans le Journal de l'Association médicale canadienne. Mise à jour à tous les deux ans, cette liste de 27 recommandations est conçue par un groupe de spécialistes de partout au pays qui, après avoir passé en revue toute la nouvelle littérature dans le domaine, détermine les grandes lignes qui devraient guider le personnel de la santé dans le traitement des AVC.

Ainsi, les experts reconnaissent désormais que les intervenants ont jusqu'à quatre heures et demie et non plus trois heures, comme c'était le cas auparavant, pour réagir après le déclenchement d'un AVC. «Par contre, l'efficacité de l'action diminue avec le temps. Il vaut mieux agir le plus rapidement possible», a précisé le Dr Antoine Hakim, directeur scientifique du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires.

Le Dr Hakim rappelle l'importance d'emmener un patient là où il peut être soigné adéquatement plutôt que de le conduire dans l'urgence d'un hôpital dépourvu d'appareils pour effectuer une tomographie du cerveau ou de médicaments pour briser les caillots. «Les hôpitaux qui n'ont pas de scanner sont nombreux de nos jours», a-t-il indiqué. Les experts recommandent également qu'un suivi immédiat soit donné aux victimes d'accident ischémique transitoire (mini-AVC) car il y a des risques d'AVC majeur. Et le Dr Hakim fait une mise en garde contre les congés donnés sans suivi à ces patient qui, dans 10 à 20 % des cas, subissent un autre AVC au cours des trois mois subséquents.

Le spécialiste promet que ces recommandations ne demeureront pas au stade de «voeux pieux» et qu'elles feront l'objet d'un suivi quantitatif rigoureux, ce qui est déjà le cas dans certaines régions canadiennes. Selon le Dr Hakim, le Québec traîne de la patte au chapitre des AVC. «Il faut réorganiser les soins, identifier les hôpitaux équipés pour le faire, s'assurer que l'entraînement dans les urgences est fait», a-t-il expliqué, ajoutant que le gouvernement s'était montré ouvert à élaborer un plan d'action.

Selon le Dr Hakim, des quelque 50 000 AVC qui surviennent chaque année au Canada, le tiers touche des Québécois. «Dans 20 % des cas, le traitement par thrombolyse apporte un rétablissement presque miraculeux», a-t-il précisé. «C'est un investissement que d'avoir une stratégie d'intervention.»

À voir en vidéo