Spécialisation en infectiologie - Bolduc donne raison aux infirmières

Yves Bolduc
Photo: Jacques Nadeau Yves Bolduc

Depuis dimanche, elles le critiquaient vertement. Hier, c'est debout que plusieurs centaines d'entre elles l'ont applaudi. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a su gagner leur coeur en acquiesçant à leur demande: «Je suis favorable à la création et à la reconnaissance d'une spécialité en prévention et contrôle des infections», a-t-il déclaré, attendant l'effet souhaité, lors de son allocution en marge du congrès de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ).

Il n'aura même pas mis 24 heures pour réagir à la motion votée hier en assemblée générale demandant la création de cette spécialité déjà enseignée à l'université. La présidente de l'OIIQ, Gyslaine Desrosiers, a qualifié de bonne nouvelle «l'intention ferme du ministre de répondre favorablement à notre demande de créer la spécialité en contrôle et prévention des infections. Il a même ouvert la porte à la création d'autres spécialités si nécessaire. Ça veut dire que le principe serait maintenant acquis, ce qui n'était pas le cas jusqu'à ce matin.»

Gyslaine Desrosiers s'est également réjouie que le ministre les appuie dans le dossier des ordonnances collectives. «C'est une de mes plus grandes déceptions», a-t-il confié, avant de promettre d'agir en concertation avec le Collège des médecins, l'Ordre des pharmaciens et l'OIIQ pour que la réalité législative soit enfin mise en place sur le terrain. Selon la présidente de l'OIIQ, «il y a des problèmes d'application des ordonnances collectives en première ligne, les pharmaciens ne veulent pas donner suite à des ajustements de médication recommandés par des infirmières, alors que la loi le permet».

«C'était difficile de faire mieux ce matin, Monsieur le Ministre», a concédé Mme Desrosiers, puisqu'il a également réagi à leur demande, faite en début de semaine, de multiplier les efforts pour retenir les infirmières avant la retraite. Il s'est dit prêt à proposer des plans pour que l'allégement de tâche les convainque de rester quelques années de plus, car il croit qu'«il faut utiliser les infirmières d'expérience pour améliorer le travail des jeunes infirmières». D'ici à 2009, il souhaite que 300 préceptrices consacrent 30 minutes chacune par semaine à soutenir les jeunes infirmières de moins de trois ans d'expérience. Il a ajouté qu'il est favorable à «la révision de la fiscalité des conditions de sortie de ces gens-là, pour qu'ils aient un avantage à travailler plus longtemps».

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