Hausse de 4 à 6 % des chirurgies dans 16 hôpitaux en trois mois

Le nombre de chirurgies a augmenté grâce à des investissements minimes en achats d’instruments courants, à quelques corrections dans l’organisation du travail et à une meilleure communication.
Photo: Agence Reuters Le nombre de chirurgies a augmenté grâce à des investissements minimes en achats d’instruments courants, à quelques corrections dans l’organisation du travail et à une meilleure communication.

L'engagement de 2006 de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) à collaborer à l'augmentation du nombre de chirurgies afin de réduire les délais d'attente commence à porter ses fruits. Depuis trois mois, le nombre d'opérations a augmenté de 4 à 6 % en moyenne dans 16 hôpitaux. Une refonte de la rémunération des anesthésistes, entrée en vigueur mercredi dernier, devrait également accélérer les améliorations, estime son président Gaétan Barette.

Lors de la ronde de négociation de 2006, la FMSQ avait promis à Québec, en contrepartie de gains monétaires pour ses membres, de contribuer à accroître la productivité des blocs opératoires québécois. Dans cette veine, cinq membres de la Fédération, dont le Dr Barrette, amorçaient l'automne dernier des visites de 16 établissements en compagnie d'autant de représentants du ministère de la Santé, dont le Dr Michel Bureau, le directeur général des services de santé et de médecine universitaire. Une experte désignée par l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) était également de la tournée.

50 000 opérations

Au terme de ces visites, en mai, le Dr Gaétan Barrette s'était dit convaincu que les délais d'attente pour l'ensemble des chirurgies au Québec pouvaient être réduits à trois mois grâce à des investissements minimes en achats d'instruments courants, quelques corrections dans l'organisation du travail ainsi qu'une meilleure communication. Il avait même avancé qu'il était possible de faire ainsi 50 000 opérations de plus par année, soit 12,5 % du volume actuel. «Ce chiffre n'est pas une lubie, c'est un objectif prudent», a-t-il réitéré hier devant 200 gestionnaires et professionnels de la santé réunis par l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) pour l'événement «Bloc opératoire 5 % et plus».

L'équipe de visiteurs externes a remis ses constats et ses recommandations aux directions d'établissements en juin. Le Dr Michel Bureau a avoué hier aux participants de l'AQESSS qu'il croyait que les changements seraient lents à venir. Il a été contredit, pour son grand bonheur, lorsqu'il a pris connaissance des résultats des actions entreprises depuis, entre autres les hausses moyennes de 4 à 6 % réalisés par les 16 établissements visités. «Les avancées sont inégales. Certains sont en petite vitesse, alors que d'autres dépassent largement cette moyenne », a précisé le Dr Bureau. De plus, 10 d'entre eux ont déjà réalisé ou commencé à mettre en oeuvre 70 % ou plus des actions proposées. Dans 14 des 16 établissements, les achats de petits équipements dont les pénuries ou l'absence provoquaient des annulations d'opérations ont été complétés.

Pour le président de la FMSQ, l'équipe de visiteurs, en donnant d'abord la parole à ceux qui oeuvrent dans les blocs opératoires ou les administrent au quotidien, a utilisé la seule approche viable pour impulser des changements dans l'organisation du travail et la communication. «L'information doit venir du terrain. Nous avons toujours rencontré en premier l'infirmière chef du bloc ou son assistante parce qu'elles, mieux que quiconque, peuvent mesurer et raconter les humeurs du bloc, qui est la quintessence du travail d'équipe dans un hôpital. Ce sont des facteurs humains qui ont le plus d'influence sur le travail d'équipe», a-t-il insisté en s'adressant clairement aux cadres supérieurs présents dans la salle. Des visites de sept autres établissements, par la même équipe, auront lieu cet automne.

L'entrée en vigueur, depuis le 1er octobre, de la refonte de la rémunération des anesthésistes devrait également contribuer à d'autres percées, prédit le Dr Barrette. En plus d'une majoration des tarifs à l'acte, ces spécialistes ont maintenant des incitatifs financiers pour commencer plus tôt leur journée de travail et la prolonger. Leurs revenus seront également bonifiés s'ils commencent le processus pour endormir les patients dans un autre espace que la salle d'opération, maximisant ainsi son utilisation pour les chirurgies. «À elle seule, cette pratique peut entraîner des gains de volume de 20 %», avance le Dr Barrette.