Système OACIS - Le déploiement des dossiers de santé électroniques est en marche à Montréal

Les «piles» de dossiers médicaux sur papier seront bientôt chose du passé.
Photo: Jacques Grenier Les «piles» de dossiers médicaux sur papier seront bientôt chose du passé.

Telus a procédé à l'acquisition d'Emergis en janvier 2008. Cette entreprise déploie, depuis la fin de 2006, son système OACIS de dossiers de santé électroniques dans la région de Montréal. En matière de technologies médicales, le temps file irréversiblement vers la numérisation des données contenant le portait exhaustif du bilan de santé du patient pour toute la durée de son existence.

François Côté, président et directeur général d'Emergis, situe la place maintenant occupée par cette entreprise dans la grande famille Telus: «On est devenu une division opérationnelle de Telus, mais avec une intégration, je dirais, logique et extrêmement stratégique.» Il fournit les explications nécessaires: «Véritablement, sur le plan de la puissance de la machine Emergis et de ses compétences dans le domaine de la santé, entre autres, on a protégé cet environnement. En même temps, on est aussi allé chercher les compétences de Telus, où se déroulaient déjà des activités en santé, et on est en train d'intégrer les acquis de chacun. De notre côté, on a maintenant accès à un potentiel de distribution par la force de vente de Telus, qui est vraiment exponentiel par rapport au nôtre.» Les deux entreprises sont devenues complémentaires et possèdent une des masses critiques majeures en santé au Canada.

Un dossier électronique

intra-établissement

Emergis poursuit donc son travail d'implantation d'un système de dossiers de santé électroniques dans tous les hôpitaux montréalais. Le président dépeint de façon simple une réalité plutôt complexe, qui fait partie d'un tout: «Je vais faire un effort. Nous, on parle d'un dossier électronique intra-établissement. C'est un outil intégré à l'usage des médecins, des professionnels de la santé, afin qu'ils soient en mesure d'avoir une vue intégrée du patient.» Il donne un exemple: «Une personne arrive inconsciente sur une civière à l'hôpital. Si celle-ci existe dans le réseau de la santé, une fois le déploiement complet effectué, les professionnels vont avoir en main son historique complet, ses derniers tests de laboratoire et les dernières informations pertinentes, qui vont servir à optimiser le traitement; les données seront disponibles sur un terminal mobile ou placées dans la chambre du patient, ou encore sur un assistant numérique personnel. On parle aussi d'un outil d'accès multidisciplinaire, mais il s'agit dans tous les cas d'une vue d'ensemble intégrée.»

Il pousse plus loin sa description: «Ce dossier électronique devient également l'interface de travail du professionnel de la santé parce que le système est bidirectionnel. C'est majeur pour le médecin: il est devant son écran et il peut regarder ce qu'on développe actuellement avec les centres hospitaliers de Montréal, le CHUM et le CUSM, à savoir des protocoles de traitement, de diagnostic et aussi d'interrogation. Au bout du compte, cela devient l'interface unique de tous les systèmes experts.»

Emergis vise un objectif en fin de compte: «Mon travail consiste à rendre l'utilisation de cette information simple pour le clinicien. Il allume son écran, il voit le nom du patient en consultation et il obtient tous les résultats voulus. Il faut que ce soit simple, intéressant et très convivial, et c'est là le défi des entreprises comme la nôtre et d'autres.»

Le projet Montréal

Plusieurs initiatives du même genre ont cours actuellement à travers le monde, comme il le laisse savoir: «Celle de Montréal possède une particularité unique parce qu'elle regroupe le CHUM, McGill et les autres centres montréalais au complet qui travaillent et collaborent ensemble. Ce rassemblement va produire une force de frappe extraordinaire pour gérer par la suite un réseau intégré.»

Emergis a été retenu pour effectuer ce travail à la suite d'un processus d'appel d'offres en bonne et due forme. François Côté se penche sur la démarche que privilégie l'entreprise: «L'un de nos aspects novateurs, c'est notre capacité d'intégration avec les systèmes existants; telle est notre stratégie. Pour un client qui a dépensé des centaines de millions dans une infrastructure pour un important système expert de radiologie, d'oncologie ou autre, il est intéressant de voir que nous on s'intègre et qu'on est capable d'avoir une vue unique et d'interaction. C'est un avantage qui est majeur dans un processus de déploiement.» Il cerne le gros du travail à effectuer: «On se concentre beaucoup sur des plans cliniques. Comment le CHUM, McGill et toute l'île de Montréal veulent-ils, dans un événement, réagir cliniquement? Ce qui est compliqué et intéressant, c'est d'avoir et d'harmoniser des plans cliniques qui sont recommandés; ils sont tels parce que, au bout du compte, le médecin traitant est le juge ultime.»

Sans entrer dans les détails et les précisions, il fait le point sur l'échéancier entourant le déploiement des dossiers sur l'île: «On peut dire que tout est complété dans certains établissements du CHUM et de McGill et on est dans un mode accéléré pour commencer le travail dans les hôpitaux de Montréal. On va commencer à voir les résultats apparaître un peu partout à travers Montréal d'ici un an, je dirais.»

Quand les dossiers de santé seront-il devenus électroniques dans l'ensemble des réseaux du Canada? «Je vais vous donner mon opinion. On a un consensus canadien sur le fait que les technologies de l'information vont améliorer la santé des patients, ce qui est clair. Toutes les provinces conduisent des projets qui sont rendus à différentes étapes. À certains endroits, ceux-ci sont déjà livrés, mais, pour avoir un environnement complètement intégré, on est de cinq à dix ans en retard. C'est un vaste chantier, une réingénierie complète du processus technique de la santé. En partant, l'industrie était en retard; elle n'était pas pionnière dans les technologies de l'information, elle l'était dans les systèmes de radiologie, où des investissements absolument essentiels ont été faits. On rattrape le temps perdu et on s'en va maintenant vers la modernisation complète à l'échelle nationale.»

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Collaborateur du Devoir

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