Conseil au successeur de Philippe Couillard - Poursuivez dans la même veine, disent les acteurs de la santé

Le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Yvon Bolduc, doit-il réformer les réformes de structures enclenchées par son prédécesseur? Non, implorent à l'unanimité les regroupements de médecins, de directeurs d'établissement et les syndicats des deux secteurs. Tous réclament la poursuite de la mise en place des centres de santé et de services sociaux (CSSS), ces mégastructures nées de la fusion des CLSC, des centres d'hébergement de longue durée et des hôpitaux. Le ras-le-bol de la «structurite», bien plus que l'enthousiasme, guide cet appel à la continuité chez les syndicats. «Les CSSS sont beaucoup trop lourds. Pour l'instant du moins, ils ne sont pas efficaces. Doit-on revenir en arrière? Non, car les réformes de structures sont un des grands maux du réseau», résume Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui regroupe 57 000 membres dont 45 000 infirmières. Francine Lévesque, présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), qui compte 115 000 membres, pose un diagnostic similaire sur les impacts dévastateurs des réformes perpétuelles depuis 20 ans sur le moral des troupes.

Du côté des patrons et des médecins, on salue beaucoup plus ouvertement les mouvements de fusion d'établissements et d'unités syndicales signés Philippe Couillard. Lise Denis, directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé (AQESSS), estime que les chambardements d'organigrammes, pratiquement complétés partout au Québec, font maintenant place à l'intégration réelle des services sur le terrain. «Il faut nous donner le temps de poursuivre cette réforme pour qu'elle porte ses fruits», dit-elle. L'Association médicale du Québec, par la voix de son président, le Dr Bernard Trudeau, estime que l'abolition des frontières entre les catégories d'établissements est une contribution importante et durable qui permettra d'améliorer la continuité des soins.

Le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes, invite pour sa part le nouveau ministre à «un maximum de continuité», en particulier dans le climat de bonne entente récente entre son regroupement, le ministre et son ministère. «Il y a actuellement beaucoup de compétence à la direction du ministère. Le Dr Bolduc devrait éviter de faire des changements majeurs parmi ses hauts fonctionnaires», recommande-t-il.

Continuité dans le changement...

Pour satisfaire les attentes des spécialistes du terrain, le Dr Bolduc devra toutefois se garder d'être la copie conforme de son prédécesseur. La FIQ attend qu'il mette plus l'accent sur le soutien aux personnes qui évoluent dans ces mégastructures. «Plusieurs gestionnaires ont changé de chaise et de responsabilités. Nos membres ne savent plus à qui se référer pour obtenir des informations et du matériel. Le correctif le plus important à apporter à la réforme est de rétablir le contact avec les salariés», dit Lina Bonamie. La Fédération des services de la santé et des services sociaux (CSN) apprécierait bien quant à elle que le ministre revoie les décrets qui ont imposé les conditions de travail et la rémunération des syndiqués. Elle souhaite aussi qu'il reconnaisse que le problème numéro un du réseau est son sous-financement. Sa présidente déplore que plusieurs recommandations formulées par le ministre soient demeurées lettre morte, faute de moyens concrets offerts aux établissements. C'est entre autres le cas des mesures visant à faire face à la pénurie d'infirmières, dans lesquelles le gouvernement a récemment annoncé son intention d'injecter 80 millions de dollars, dont 37 millions étaient déjà annoncés depuis des mois.

Pour satisfaire les attentes des spécialistes du terrain, le Dr Bolduc devra toutefois se garder d'être la copie conforme de son prédécesseur. La FIQ attend qu'il mette plus l'accent sur le soutien aux personnes qui évoluent dans ces mégastructures. «Plusieurs gestionnaires ont changé de chaise et de responsabilités. Nos membres ne savent plus à qui se référer pour obtenir des informations et du matériel. Le correctif le plus important à apporter à la réforme est de rétablir le contact avec les salariés», dit Lina Bonamie. La Fédération des services de la santé et des services sociaux (CSN) apprécierait bien quant à elle que le ministre revoie les décrets qui ont imposé les conditions de travail et la rémunération des syndiqués. Elle souhaite aussi qu'il reconnaisse que le problème numéro un du réseau est son sous-financement. Sa présidente déplore que plusieurs recommandations formulées par le ministre soient demeurées lettre morte, faute de moyens concrets offerts aux établissements. C'est entre autres le cas des mesures visant à faire face à la pénurie d'infirmières, dans lesquelles le gouvernement a récemment annoncé son intention d'injecter 80 millions de dollars, dont 37 millions étaient déjà annoncés depuis des mois.

Chez les médecins psychiatres, on souhaite plus d'écoute ministérielle de leur lecture des problèmes et des pistes d'amélioration dans leur domaine. Leur association souhaite également des modifications dans l'allocation et la répartition des ressources du plan d'action en santé mentale. «Nous sommes entièrement d'accord avec le renforcement des services dans les collectivités par l'arrivée d'équipes multidisciplinaires prévue dans ce plan. Le hic, c'est que ces équipes sont constituées par le retrait de professionnels des centres spécialisés», explique le Dr Brian Bexton, président de l'Association des psychiatres du Québec.