Commission parlementaire sur l'assurance-médicament - Trois coalitions réclament une limite aux coûts des primes

Trois grandes coalitions s'unissent pour réclamer du gouvernement québécois une limite aux coûts des primes d'assurance-médicaments tant au secteur privé qu'au secteur public.

La Commission des affaires sociales, qui commence demain l'étude du projet de loi 98 sur l'indexation des primes, entendra pas moins de 24 groupes en trois jours. Ce qui apparaît du travail bâclé pour Marie Pelchat, porte-parole de la Coalition Solidarité Santé, un des groupes qui témoigneront devant la Commission. Se joignant à la Coalition sur l'assurance-médicaments et à celle des Médecins pour la justice sociale, Mme Pelchat a dénoncé, hier, en entrevue avec la Presse canadienne, la portion du revenu alloué à l'assurance-médicaments pour les assistés sociaux.


«Ils doivent débourser 3 % de leur revenu de 6400 $ pour acheter des médicaments. Si vous comparez cela avec le revenu du président de Bombardier, par exemple, ça équivaut à 615 000 $ par année.»


Les trois coalitions regroupant plusieurs groupes syndicaux, religieux, communautaires et médicaux reprochent entre autres au gouvernement de laisser grimper les coûts sans se soucier de trouver des solutions de rechange. Depuis 1996, le coût de la prime est passé de 100 $ par année pour une personne seule à 385 $.


Avec le nouveau projet de loi qui devrait être voté d'ici trois semaines, la prime grimpera à 422 $ au 1er juillet 2002.


Ce manque de contrôle incite les compagnies d'assurances privées à hausser également le taux des primes qui aurait augmenté de 15 à 18 % au cours des dernières années, affirme Mme Pelchat. «Il y a des travailleurs qui doivent renoncer à l'assurance dentaire parce que c'est devenu trop cher. Le gouvernement devrait donner l'exemple en limitant le coût des primes au secteur publique.»


L'un des principaux problèmes des coûts serait relié aux brevets pharmaceutiques, selon la Coalition. «Ailleurs au Canada, le temps de protection des brevets est de 20 ans. Au Québec, c'est 25 ans. Ce qui est trop généreux. On devrait proposer plus de médicaments génériques. Le gouvernement cède aux pressions des grosses compagnies pharmaceutiques. Certains experts estiment que ces compagnies investissent en marketing 20 000 $ par année, par médecin. Actuellement, l'un des problèmes majeurs est le fait que les médecins ignorent très généralement le coût des médicaments qu'ils prescrivent.»