Sondage Léger Marketing - Il est interdit de fumer dans six domiciles sur dix

Il est interdit de fumer dans six domiciles canadiens sur 10. La proportion varie toutefois du simple au double entre le Québec — la province la plus tolérante à ce chapitre — et la Colombie-Britannique.

Ces données ressortent d'un sondage Léger Marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse canadienne.


Plus précisément, 61 % des répondants, au Canada, ont affirmé qu'il était interdit de fumer dans leur foyer.


Au Québec toutefois, seulement 36 % des répondants ont indiqué qu'il était interdit de fumer chez eux. En Colombie-Britannique, la proportion d'interdiction grimpe à 83 %.


«C'est fort intéressant et fort encourageant», s'est exclamé M. François Damphousse, directeur du bureau du Québec de l'Association pour les droits des
non-fumeurs.


M. Damphousse attribue notamment le fort pourcentage d'interdiction en Colombie-Britannique au fait que les lois y sont plus sévères qu'au Québec.


En Colombie-Britannique, explique-t-il, «il y a eu beaucoup de débats, dans les médias, surtout concernant l'impact au niveau de la santé chez les non-fumeurs à propos de l'exposition à la fumée de tabac secondaire. Les gens sont beaucoup plus sensibilisés à ce dossier-là en Colombie-Britannique. Ça ne m'étonne pas que dans les foyers, les gens, même si ce n'est pas réglementé, imposent une interdiction totale de l'usage du tabac.»


M. Damphousse signale aussi que l'usage du tabac est «beaucoup plus faible» en Colombie-Britannique. «Ce sont eux qui remportent la palme au Canada.»


Aussi, l'interdiction de fumer est plus fréquente au domicile des ex-fumeurs — 64 % — ainsi qu'au domicile de ceux qui n'ont jamais fumé — 76 %.


Fait à noter, il est même interdit de fumer dans 27 % des domiciles où il y a pourtant un fumeur. M. Damphousse avance l'hypothèse qu'il s'agisse, par exemple, de fumeurs qui ont des enfants et qui se soucient de leur santé.


Publicité sur le tabac


Les Canadiens croient, dans une proportion de 54 %, que les gouvernements devraient interdire complètement la publicité sur le tabac.


Ils sont aussi 56 % à estimer que les gouvernements devraient accorder un plus grand soutien aux fumeurs qui sont prêts à cesser de fumer, avec l'aide de timbres, de gommes ou d'autres produits.


Même 42 % des Canadiens approuveraient l'idée que les gouvernements augmentent «très fortement les taxes sur le tabac». La proportion ne varie guère au Québec, en Ontario et dans les Provinces atlantiques, variant de 40 à 43 %.


L'intolérance des citoyens face au tabac va jusqu'à accepter, dans une proportion de 33 % toutefois, que les gouvernements refusent d'accorder des subventions ou des avantages fiscaux aux films ou émissions de télévision dans lesquels les comédiens fumeraient.





Efforts des gouvernements


Pour ce qui est des efforts des deux ordres de gouvernement pour lutter contre le tabagisme, les citoyens sont divisés en deux camps à peu près égaux, 41 % jugeant que le gouvernement fédéral ne fait pas suffisamment d'efforts et 48 % jugeant qu'il en fait suffisamment.


Au plan provincial, on arrive à des proportions égales de 43 % dans les deux camps.


Le Québec se distingue toutefois du reste du pays à ce chapitre, les citoyens s'y montrant plus satisfaits des luttes gouvernementales. Ainsi 68 % des Québécois jugent que le gouvernement fédéral fait suffisamment d'efforts pour enrayer le tabagisme, alors que 59 % pensent de même du gouvernement provincial. Pour M. Damphousse, cela signifie que dans les autres provinces, les citoyens seraient prêts à ce que leurs gouvernements fassent davantage pour combattre le tabagisme.


Ce sondage a été mené auprès de 1500 Canadiens âgés de 18 ans ou plus du 7 au 12 mai. La marge d'erreur est de 2,6 %, et ce, 19 fois sur 20.